Dix ans après le gouvernement Jospin et même dix-sept ans après la fin du mandat de Mitterrand, la gauche revient au pouvoir. Le moins qu'on puisse dire est que Hollande a peu promis. Surtout si on compare son programme à celui de Mitterrand en 1981. Mais du programme à sa mise en œuvre, il y a parfois loin et comme le montrent les articles de ces pages, pendant les trois périodes où le PS a dirigé le pays, il a doucement évolué de la social-démocratie vers le social-libéralisme.
Les 10 et 17 juin auront lieu les élections législatives. Dans la suite de l’élection présidentielle, au PS on veut confirmer ; à droite on veut limiter la casse.Après la défaite de Sarkozy, les élections législatives revêtent un enjeu particulier pour la majorité sortante : sauver un maximum de sièges sur les 305 actuels. Pour réussir, les ténors de l’UMP ont décidé de mettre en stand-by leurs désaccords, critiques et querelles personnelles. L’ordre du jour est officiellement à l’unité.Avant même que le programme soit bouclé,
Maintenant que la Troïka est sanctionnée, la gauche radicale doit confirmer sa poussée !La seule chose sûre avant les élections législatives du 6 mai, c’est que le jeu politique traditionnel d’alternance ou d’alliance entre la Nouvelle Démocratie (ND, droite) et le Pasok allait en prendre plein les dents, tant est grande la colère contre les partis au pouvoir pour imposer les ordres du FMI et de l’UE et donc détruire l’emploi et les acquis sociaux. Il se disait même que Syriza, la coalition regroupant le Synaspismos (réformiste antilibéral) et quelques groupes de la gauche révolutionnaire, allait passer de la 5e à la 3e place.
Après l’élection de François Hollande, le troisième tour social commence. Il s’agit dans un premier temps de faire barrage à l’UMP et au FN lors des législatives, et dans le même temps d’organiser l’opposition de gauche au PS.Mardi, pour les cérémonies du 8 Mai, le futur président et l’ancien ont tenu à se retrouver côte à côte. Ils ont ainsi de façon symbolique manifesté « la continuité des institutions » selon les mots de Fillon, la continuité de l’État. Il était, pour François Hollande, « utile et précieux pour le pays de savoir qu’il était rassemblé à travers le président encore en exercice et le nouveau », sur « un même enjeu, celui de la patrie retrouvée ».
Il y a à peine un mois, les dirigeants européens poussaient des ouf de soulagement après un nouveau plan de « sauvetage » de la Grèce et les 1 000 milliards d’euros de la Banque centrale distribués au système bancaire européen. Ils estimaient que le plus dur était passé, à l’image de Nicolas Sarkozy déclarant : « Je pense que nous sommes sortis de la crise financière, que la confiance revient et que nous sommes en phase de reprise économique. »
Après ce répit apparent, la réalité s’impose à nouveau.