Texte "Résolution élections européennes"

Préambule : Lors de la réunion nationale des 8 et 9 novembre dernier, il a été décidé que le texte initial d'orientation était divisé en deux textes distincts : une résolution générale sur la situation politique et sociale une résolution sur les élections européenne. La résolution générale est une analyse commune que nous faisons de la situation politique et sociale. C'est donc un texte ponctuel où nous devons avancer des revendications, mesures d'urgence immédiates et cerner les activités principales que le NPA et ses militants doivent mener dans les mois qui viennent. Nous ne pouvons donc tout y mettre. Et pour une meilleure visibilité et lisibilité nous espérons que ce texte reste « court » (30 000 signes) Un plan d'urgence social, démocratique et écologique général sera élaboré après le congrès et finalisé au plus tard pour février/mars 2009.

La crise globale qui frappe aujourd'hui le cœur même de l'économie capitaliste n'a bien sûr pas épargné l'Union Européenne. Du Traité de Rome de 1957 jusqu'au mini-traité européen de 2007, tous les choix politiques ont favorisé la libre circulation des marchandises, des biens, des services et des capitaux. Ils ont été imposés aux peuples grâce à des Institutions pour la plupart non élues, la seule soumise au suffrage universel, le Parlement européen, nfayant quasiment pas de pouvoir de décision. Ces choix ont contribué à creuser toujours plus, au sein même de lfUE, le fossé des inégalités entre l'immense majorité des salariés et privés d'emploi toujours plus pauvres et une poignée d'actionnaires toujours plus riches dfun côté, entre les Etats les plus puissants et les pays les plus pauvres de lfautre. Toutes les décisions européennes ont construit une forteresse contre les peuples du Sud, et organisé la chasse aux immigrés.

Au moment de la crise, et malgré toute l'agitation frénétique de Sarkozy, l'Union Européenne n'a pu parler d'une seule et même voix, car chaque Etat, chaque gouvernement défend les intérêts et privilèges de ses propres banques, de sa propre bourgeoisie. Cfest ce qui explique aussi leur incapacité à se défaire des frontières et des Etats nationaux alors même que, poussés par la concurrence des Etats-unis et de lfAsie, ils se sont résolus à abandonner leur monnaie nationale pour lfeuro. Les réponses de chacun des Etats européens convergent cependant : socialisation des pertes et privatisation des profits, injection de fonds publics pour sauver la finance, restrictions des moyens pour les services publics, pression accrue sur les chômeurs et les salariés, licenciements massifs pour sauvegarder les profits c Leur Europe n'est pas la nôtre ! Elle est au service des trusts et de la finance. Cfest cette Europe qufont rejetée les populations des Pays-Bas et de la France, en 2005, puis de lfIrlande en 2008 en votant majoritairement NON au projet de traité constitutionnel.

L'Europe que nous voulons : Une Europe démocratique des travailleurs et des peuples !

Nous proposons « un plan d'urgence pour l'Europe » que nous défendrons dans les luttes et lors des élections de 2009 nous devons exiger l'abrogation de tous les traités et accords de l'Europe libérale (Lisbonne, Barcelone, accords Shengen).

__ une véritable Europe sociale ne pourra voir le jour que par une contre-offensive des travailleurs qui annule toutes les lois et mesures de régression sociale qufont imposées, dans tous les pays européens, les patronats et leurs gouvernements. Il sfagit dfimposer lfinterdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous, la diminution du temps de travail hebdomadaire, vers les 30 heures, la retraite à 60 ans au plus, une augmentation générale des salaires. Un salaire minimum européen qui soit lféquivalent, en terme de pouvoir dfachat des 1500 euros nets que nous revendiquons en France, l'harmonisation vers le haut de droits du travail reconquis, des services publics européens à chaque fois que l'échelle européenne est pertinente : les transports aériens, les chemins de fer, les transports fluviaux, l'énergie, l'eau, les trusts pharmaceutiquesc Pour réaliser tout cela, il faut prendre sur les profits et que les salariés, la population contrôlent les comptes des entreprises et les mouvements de capitaux, imposent la fermeture des paradis fiscaux et lfinstauration de taxes sur le mouvement des capitaux investis dans des opérations financières. L'urgence économique impose que les populations contrôlent également les banques centrales et en particulier la banque centrale européenne afin que l'épargne serve à financer des travaux d'utilité sociale (logements, transports collectifs c) Une harmonisation des fiscalités fondées sur des impôts progressifs taxant très fortement les plus riches et sur la suppression des taxes indirectes permettrait à la fois d'arrêter le dumping social et fiscal et d'enclencher une nouvelle logique sociale en rupture avec celle des capitalistes.

__ Une véritable Europe écologique. Une Europe unie, une Europe des travailleurs, permettrait de planifier démocratiquement la production et les échanges avec le souci permanent de préserver la nature et lfenvironnement. Il faut en finir avec l'agro industrie, décider de produire là où sont les besoins des populations afin de réduire les flux de transports de marchandises. Lorsque ceux-ci sont nécessaires, ils doivent privilégier ceux qui sont les moins polluants (les voies ferrées, fluviales et maritimes) Les agriculteurs doivent pouvoir vivre de leur travail et pratiquer une agriculture respectueuse de lfenvironnement. Permettre à chacun d'avoir une alimentation saine. Encourager la pêche artisanale, moins consommatrice et produisant moins de déchets. L'eau, bien commun et précieux, doit être gérée publiquement et dans la transparence et accessible à tous. Il faut sortir du nucléaire et des autres énergies polluantes et pour cela donner des moyens à la recherche dfénergies alternatives à lféchelle de lfEurope.

__ Une véritable Europe de l'égalité. Cela passe par l'égalité des salaires entre les femmes et les hommes mais aussi par le développement de tous les droits des femmes, celui à la contraception et à l'avortement notamment Cela passe aussi par l'égalité des droits des étrangers et le premier entre tous : le droit du sol ! Nous continuerons à nous battre contre l'Europe forteresse pour la régularisation et le droit d'installation de tous les sans papiers, l'égalité des droits sociaux et politiques. La lutte contre les discriminations, notamment en raison du sexisme, du racisme et de lfhomophobie doit devenir une priorité.

__ Une véritable Europe solidaire. L'Union européenne participe à la domination des pays du Sud de la planète, celles d'une poignée de pays riches contre une majorité de pays pauvres. Nous voulons une politique de désarmement, l'annulation de la dette, une politique de collaboration fraternelle et solidaire avec les peuples des pays du sud.

Une Europe de la paix exige le retrait de toutes les troupes européennes des guerres menées contre les peuples en Irak ou en Afghanistan, lfarrêt du soutien aux dictatures en Afrique et la rupture avec lfOtan. Une Europe qui fait pression contre Israël pour l'application des différentes résolutions de l'ONU : retrait des territoires occupés, droit au retour Retrait des troupes au Liban et en Agrique. __ Une véritable Europe démocratique. Lfintérêt commun ne peut être incarné par des institutions non élues, des exécutifs non mandatés et des experts non contrôlés. Les peuples dfEurope doivent pouvoir décider eux-mêmes, par la mise en place dfune assemblée constituante sous quelle forme ils établiront leur coopération. Nous y défendrons pour notre part une libre fédération dfEtats-Unis socialistes dfEurope.

Pour un regroupement des anticapitalistes à lféchelle européenne Ces ruptures ne se feront pas sans l'intervention massive des salariés et des peuples. Des luttes coordonnées à l'échelle de l'Europe ont parfois eu lieu, il faut développer des convergences entre nos luttes, tisser ou consolider des liens durables entre les mouvements sociaux, établir des cadres permanents de discussion et dfaction avec toutes les forces, dans les autres pays, qui se situent sur le terrain de lfanticapitalisme.

Notre participation aux élections européennes

Cfest ce « plan dfurgence pour lfEurope », de rupture avec le capitalisme, que nous voulons défendre, un projet anticapitaliste, alternatif aux choix européens réalisés jusqufà ce jour. Dans ces élections, nous combattrons la politique des patronats et des gouvernement de droite, sociaux-libéraux, ou de coalition gauche-droite qui visent à défendre toujours plus les profits quels qufen soient les coûts humains et écologiques.

Nous défendrons un programme dfurgence européenne qui vise à construire une Europe sociale c'est-à-dire au service du plus grand nombre

Nous réaffirmerons notre indépendance par rapport aux partis « sociaux-démocrates » et à leurs alliés parce qufils accompagnent ou mettent en œuvre les orientations du patronat : nous nfoublions pas qufils ont, aux Sommets de Lisbonne et de Barcelone, décidé dfaccentuer les libéralisations des services publics (transports aériens, poste, chemins de fer, installations portuairesc) et dfinterdire toute restriction à la libre circulation des capitaux. Nous nfoublions pas que la plupart de leurs directions ont soutenu le projet de traité constitutionnel au mépris de lfintérêt des peuples.

Sur la base de ce plan dfurgence en Europe, nous sommes ouverts à toutes les discussions envisageant des possibilités de constituer des listes de rassemblement anticapitalistes aux élections européennes, en France, et nous cherchons en particulier à renouveler, prolonger et élargir les accords qui nous ont permis dfêtre présent avec les listes et une orientation unitaires totalement indépendantes de la gauche institutionnelle lors des élections municipales. Nous proposerons à toutes les forces anticapitalistes, en Europe, une discussion qui étudie la possibilité dfune apparition commune lors de ces élections.

Amendement maintenu non intégré au texte initial proposé par Clermont-Ferrand (en remplacement du dernier paragraphe ci-dessus)

Les élections européennes seront un moment important de lfapparition du tout nouveau NPA. Le congrès décide dfy participer malgré leur caractère profondément anti-démocratique qui ne permet pas la représentation des positions politiques présentes, et notamment ne permet lfenvoi au parlement que de très peu de députés opposés à la proposition de constitution européenne. Pour cela il se prépare dfores et déjà à constituer des listes dans chaque région en cas dféchec de notre démarche unitaire.

Il faut agir de telle sorte que les forces de la gauche anticapitaliste qui se sont retrouvées unies au moment du référendum sur le TCE, qui ont refusé le traité de Lisbonne, puissent sfy exprimer dfune seule voix. Cfest pourquoi dès maintenant le NPA contacte tous les partenaires (PCF, gauche des Verts, courants gauche du PS, le Parti de Gauche, LO, POI, collectifs antilibérauxc) afin de leur proposer des listes communes dans toutes les régions.

Ces listes devront se constituer sur un programme anticapitaliste, tel qufinitié par les élaborations programmatiques effectuées dans les cadres unitaires de la campagne contre le TCE ; programme sur lequel le travail fut poursuivi au-delà du referendum.