Bourg-en-Bresse : anticapitalistes parce que humanistes !

Du point de vue des « problèmes liés à l’immigration » (comme ils disent…), la situation dans les villes de province est plus « soutenable » que dans les grandes agglomérations. Mais la présence d’environ 200 demandeurEs d’asile sans solution d’hébergement à Bourg-en-Bresse occasionne néanmoins une activité soutenue des réseaux militants.

Entre juin et août, deux réquisitions de maisons vacantes se sont déroulées à l’initiative des adhérentEs du Collectif de soutien aux migrants. Ces immeubles étant la propriété de bailleurs sociaux liés à différentes mairies, des négociations ont été entreprises afin d’obtenir un titre d’occupation provisoire ainsi qu’une aide financière pour viabiliser les sites. Dans le même temps, le propriétaire déposait une plainte afin de récupérer « son bien »...


Soutien et auto-organisation
Les personnes « relogées » sont majoritairement issues de pays africains et sont généralement en « procédure Dublin ». Ce sont surtout des célibataires. Des familles avec des enfants, des femmes enceintes et quelques déboutéEs sont également présentEs.
Contrairement à certaines expériences où militantEs et occupantEs avaient été arrêtés sur-le-champ et conduits au commissariat, les possesseurs des lieux semblent jouer l’apaisement.
Les milieux chrétiens, qui sont la principale composante du collectif, seront appelés aux urnes prochainement et les majorités municipales de la « gauche » institutionnelle en place ou à venir devront en tenir compte pour assurer leur élection.
Même si les mobilisations restent fluctuantes, des organisations prennent en charge le quotidien de ces « damnés de la terre » aidées par un niveau d’auto-organisation des occupantEs plus important que par le passé.
De nombreuses initiatives prises par le collectif (visite de Jean-Baptiste Eyraud, président de Droit au logement, multiples diffusions de tracts à l’occasion des animations, fête en plein air, etc.) ont connu des succès divers mais ont permis de maintenir une visibilité tout au long de l’été.
Autre fait notable : comme nous l’écrivons dans la dernière brochure du NPA consacrée à la solidarité avec les migrantEs, le besoin se fait sentir de « combiner actions concrètes de solidarité avec luttes politiques ». Des revendications portant sur la liberté de circulation et d’installation, la régularisation de toutEs les sans-papiers, l’égalité des droits sont maintenant prises en compte par l’ensemble du collectif.
Après plusieurs reports d’audience, le jugement a octroyé un délai de quatre mois aux occupantEs. Concernant le second immeuble, le jugement est reporté au 3 octobre. Ce qui laisse quelques semaines pour conduire des négociations : bail temporaire ou relogement dans des structures prévues pour l’accueil.
Correspondant

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