Sans-papiers : Occupation de la basilique de Saint-Denis

Dimanche 18 mars, 150 sans-papiers, accompagnés de soutiens, ont pénétré dans la basilique de Saint-Denis pour attirer l’attention sur leur situation. Réponse des autorités : une violente intervention policière.

La situation vécue par les sans-papiers et les migrantEs est particulièrement dure. Entre la préfecture du 93 qui impose aux demandeurs d’un titre de séjour de faire leur demande par internet tout en se débrouillant pour rendre son site inaccessible, et les conditions innommables dans lesquelles les migrantEs vivent à la porte de la Chapelle, au vu et au su de tous les automobilistes de l’autoroute du nord, Saint-Denis est un concentré de ce qui se fait de pire en matière d’indignité, de mépris, de racisme et d’exclusion.

Pour un accueil digne 

Les collectifs de sans-papiers du 93 et de Paris ont décidé, au lendemain de la marche des solidarités du 17 mars, de mettre sur la place publique leur situation et leurs revendications en venant s’installer dans la basilique de Saint-Denis, lieu hautement symbolique de la lutte des sans-papiers. D’autant plus que la communauté catholique a pris des positions de soutien à leurs combats. 

150 sans-papiers ont donc pénétré de dimanche 18 mars dans la basilique de Saint-Denis pour revendiquer le retrait du projet de loi du gouvernement sur l’immigration, la régularisation de tous les sans-papiers et la liberté de circulation, ainsi que des conditions d’accueil dignes en préfecture, des hébergements et des logements pour tous et toutes.

Cette occupation était évidemment pacifique. Elle invoquait le droit d’asile dans les églises pour les plus faibles. Mais au bout d’une heure la police est intervenue très brutalement contre les occupants sans la moindre discussion ni sommation. Le bâtiment dépendant des monuments historiques, la police n’a pas eu besoin de l’accord de l’évêché pour intervenir.

De nombreuses vidéos ont été tournées, qui témoignent de la brutalité policière. Gaz lacrymogène dans les yeux, coups de matraque, coups de pied… ont fait plusieurs blessés parmi les sans-papiers dont au moins l’un d’entre eux a été hospitalisé. Parmi les soutiens, le président de la coordination 93 a été arrêté et placé en garde à vue. Une manifestation des sans-papiers et des soutiens s’est rendue immédiatement devant le commissariat pour exiger sa libération qui a été effective à 18h. Il a été toutefois inculpé de rébellion.

Il faut saluer à cette occasion la détermination des sans-papiers à faire reconnaitre leurs droits face à une police et un pouvoir qui n’hésitent pas à employer la plus grande brutalité. Cette action en appelle évidemment d’autres.

Jean-Marc Bourquin

 

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