Débat : après le 12 avril, combattre dans l’unité

À quelques jours de la rentrée, les suites de la manifestation du 12 avril et de la rencontre du 21 juin ont donné lieu à notre Université d’été à un débat devant plus de 150 participantEs : un débat marquant la volonté de poursuivre le travail commun, cela sans sous-estimer les difficultés et dans le respect des prérogatives et positions des organisations participantes.

Suivre le débat en intégralité.

Un socle commun réside dans l’analyse de la situation marquée par l’amplification des attaques auxquelles se livrent gouvernement et patronat. La crise sert de prétexte à la volonté d’imposer des reculs sociaux, une répression des mouvements sociaux pour le moins semblable à ce qu’a fait et ferait la droite. Le deuxième constat commun est l’existence de ripostes, parfois gagnantes mais bien en deçà de l’ampleur des attaques. Le rejet des politiques mises en œuvre par ces gouvernements prétendument de gauche tend à s’étendre à l’ensemble des organisations politiques, quel que soit leur positionnement par rapport au gouvernement. Enfin l’accord se fait autour de l’idée que l’extrême droite est en situation de profiter de cette situation.

Des alternatives politiques
À partir de là, nuances et priorités et projets se confrontent, doivent se débattre. Pour les organisations du Front de gauche, l’accent est mis sur l’aspect essentiel de la refondation d’une perspective politique. Un projet alternatif à construire autour des questions d’égalité des droits, de justice sociale, pour Alima Boumediene-Thiery d’Ensemble, s’appuyant sur les mouvements, les initiatives qui prennent corps dans les mobilisations sous forme de réappropriations sociales. Pour Martine Gayraud du PCF, face à la politique de Valls-Hollande, il faut reconstruire une vraie gauche autour d’un projet qui se propose de libérer l’économie du capital, d’imposer la démocratie dans la cité et les entreprises. Ce projet doit inclure toutes les forces politiques qui s’opposent à la politique d’austérité, incluant les oppositions à l’intérieur du Parti socialiste. Manu Bompard du Parti de gauche part des impasses écologiques, économiques, cela dans la situation politique internationale, pour affirmer qu’il n’y aura pas d’« alternative tranquille ». Pour lui, avec la montée de l’extrême droite, « il est 23 h 30 dans le siècle ». Ceci justifie de dépasser l’objectif de reconstruire la gauche et de fédérer tout le peuple autour d’un projet de Constituante, fondement d’une 6e République.

Qui s’appuient sur les mobilisations ?
En contrepoint Tristan Renard d’Alternative libertaire pense que la politique du Parti socialiste est en cohérence avec ses traditions de gestion du système capitaliste. Pour lui, il faut bâtir des mobilisations à la base, s’appuyer sur celles qui existent pour construire une alternative politique ancrée dans les luttes, dans la prise en main par les exploitéEs de leurs affaires, à l’opposé des solutions parties du sommet dans une « stratégie du château de sable ». Les institutions ne sont pas des coquilles vides qu’il faudrait remplir d’une politique liant protectionnisme et nationalisme industriel...
Même tonalité avec Jean-Baptiste Eyraud du DAL : les mobilisations sociales sont à la base de toute construction d’un rapport de forces permettant de peser sur les politiques gouvernementales. C’est aussi là qu’il est possible de vérifier la réalité des positionnements politiques, que ce soit par exemple sur les questions d’immigration ou du logement. Il ne s’agit pas seulement de respecter l’indépendance des organisations associatives mais surtout d’appuyer leurs combats et… ne pas s’y opposer !

L’unité pour le combat
Pour le NPA, la construction du rapport de forces est au cœur de notre politique. Cette construction implique de tout mettre en œuvre pour que les mobilisations se développent, convergent, se fédèrent. Des victoires sont nécessaires pour donner confiance. L’unité la plus large dans cette construction est indispensable. Mais dans le même temps, nous ne pouvons pas laisser le champ politique libre à la droite, l’extrême droite comme seules réponses à la politique pro-Medef du gouvernement. Débattre ensemble et tracer des perspectives cohérentes avec nos combats quotidiens est indispensable.
Une nécessité exprimée par exemple, dans le cadre du débat avec la salle, par Gérard de Quimper, en appuyant sur l’engagement autour du « on lâche rien ! », élément essentiel de la mobilisation sur Notre-Dame-des-Landes, l’acceptation des divergences et de la complexité des constructions, comme dans la lutte des salariéEs de l’agro-alimentaire breton il y a quelques mois.
En conclusion, chacunE appuie sur la nécessité, l’urgence de la construction de mobilisations à la rentrée autour du budget, de la défense des services publics, notamment hospitaliers, et contre le traité transatlantique (TAFTA). Et parce que l’unité se construit aussi autour de la solidarité, nous nous retrouverons derrière toutes les victimes de la répression, notamment notre camarade Alain Pojolat, « coupable » de solidarité avec le peuple palestinien.

Robert Pelletier

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