L’urgence d’un programme écosocialiste

La réponse à la crise écologique est politique. Elle nécessite une révolution économique, sociale, politique, culturelle. Aucun aménagement du capitalisme n’est possible. L’écosocialisme, qui est une philosophie, un système économique, une organisation sociale, porte notre projet révolutionnaire émancipateur.

Cela implique la socialisation des moyens de production (qui deviennent propriété publique, communautaire ou coopérative), l’expropriation des capitalistes, l’égalité sociale, le partage des richesses, la baisse du temps de travail, l’amélioration des conditions de vie, la planification démocratique, intégrés à l’écologie, c’est-à-dire le souci de prendre soin de nous-mêmes, des autres, de notre environnement, pour produire ce dont on a besoin, dans les limites acceptables par la biosphère.

Les mesures immédiates et urgentes seront populaires pour l’immense majorité. L’urgence écologique ne doit pas rimer avec massacre social. Nous imposerons l’interdiction des licenciements par la continuité des salaires et des qualifications avec le maintien des savoir-faire et de la cohésion des équipes de production. Ainsi nous prendrons nos vies en main, en rejetant définitivement le chantage à l’emploi.

Des mesures de transition nécessaires
– supprimer les productions inutiles ou nuisibles (publicité, armement, nucléaire, pétrochimie) ;
– supprimer l’obsolescence programmée des appareils ; produire des biens durables, des appareils réparables ;
– augmenter l’offre dans la culture, la santé, l’éducation ;
– sortir du tout-voiture, du tout-camion ; l’usage de la voiture doit être diminué, partagé ; il faut en réduire la production, reconvertir les emplois et les process vers les transports en commun : tram, train, bus, métro. La voiture électrique n’est pas la solution ;
– développer les transports collectifs, gratuits, publics, réorganisés sous le contrôle des usagerEs, en ville mais aussi en campagne ;
– combiner la marche et le vélo aux transports collectifs ;
– réorganiser l’urbanisation, les liaisons ville-campagne, les loisirs, les activités, viser une réduction des trajets ;
– diminuer le volume de marchandises transportées et relocaliser les productions près des lieux de consommation ; déterminer de quoi nous avons besoin, comment et où le produire ;
 – donner la priorité au fret ferroviaire et fluvial ;
– réduire et taxer le transport aérien et maritime ;
– baisser les consommations d’énergie, viser la sobriété ; socialiser les secteurs énergétique et bancaire pour financer la transition écologique ; stopper les partenariats public-privé, les grands projets inutiles, les subventions aux fossiles, la déforestation, l’extraction folle des matières premières du sous-sol ;
– arrêter le nucléaire et ses déchets mortels, produire l’énergie utile 100 % renouvelable ;
– développer une agriculture locale, paysanne, bio qui nourrisse sainement et paye correctement le travail accompli ; le passage vers l’agroécologie paysanne aura des effets positifs immédiats sur l’environnement ;
– travailler moins, travailler mieux, toutes et tous ; réduire le temps de travail sans perte de salaire, avec baisse des cadences, de l’intensité du travail, avec des embauches proportionnelles, des salaires qui permettent de vivre, avec des écarts limités.

S’approprier le droit de comprendre, de penser, de décider ce qu’on produit est une nécessité pour notre émancipation individuelle et collective.Les changements de comportement individuels sont nécessaires mais ne suffiront pas à sortir du capitalisme. On a besoin d’une forte mobilisation mondiale des mouvements environnementaux, syndicaux, paysans, féministes et indigènes. Rassembler, organiser les luttes pour sortir du capitalisme, expliquer comment on peut vivre autrement : voilà nos tâches.

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