Fusion PSA-Fiat Chrysler : c’est maintenant qu’il faut construire les solidarités

La fusion probable entre PSA et Fiat Chrysler est annoncée alors que toute l’industrie automobile est confrontée à une récession qui commence, notamment en Chine, aux États-Unis et en Allemagne.

Les mesures qui prévoient l’inter­diction, à l’horizon d’une génération, des véhicules à moteurs thermiques – diesel et essence – sont la cause de restructurations indispensables pour concilier investissements massifs et dividendes versés aux actionnaires.

Attaques contre les travailleurEs

PSA et Fiat Chrysler, ce sont plus de 400 000 salariéEs dans le monde : 200 000 pour PSA dont 60 000 en France, 200 000 pour Fiat, dont 100 000 en Italie. Les ventes additionnées des deux firmes dans le monde sont de 8,7 millions de véhicules, avec un chiffre d’affaires cumulé de 170 milliards d’euros générant un bénéfice de plus de 10 milliards d’euros.

Les deux firmes automobiles se vantent d’être les parmi les plus profitables du « marché automobile ». Elles annoncent vouloir réaliser dans quatre ans 3,7 milliards d’euros d’économies par an grâce à cette fusion. Ces chiffres destinés à appâter les actionnaires indiquent le but recherché. Cela vaut avertissement pour touTEs les salariéEs auxquels il est promis qu’il n’y aurait pas de fermetures d’usines – les promesses n’engagent que ceux qui y croient, et surtout sans qu’aucune garantie ne soit donnée pour le total des emplois. Les méga-fusions s’accompagnent toujours d’attaques contre les travailleurEs. 

8 milliards d’euros aux actionnaires

Alors que le projet de fusion entre Renault et Fiat avait échoué en juin 2019, le projet actuel ne semble pas connaître les mêmes difficultés. Bourgeoisie et appareils d’État en France et en Italie applaudissent. Il y a déjà accord sur la répartition des actions, la présidence confiée à l’héritier de la famille propriétaire de Fiat, Agnelli, et la direction générale au patron de PSA, le psychopathe de la performance Tavares. Le siège de la nouvelle entité sera aux Pays-Bas, paradis fiscal bien connu. Et, en prime, un cadeau de bienvenue de 8 milliards d’euros aux actionnaires, 5,5 pour Fiat et 2,5 pour PSA. 

Les véritables « idiots utiles » de la direction que sont, chez PSA, la CFDT et FO, se félicitent. « C’est quelque chose qui nous rend assez optimistes. PSA a déjà prouvé qu’il savait intégrer d’autres constructeurs avec Opel » a déclaré le secrétaire du syndicat FO. Merci pour les salariéEs d’Opel dont l’emploi a été supprimé ! Et Laurent Berger de rajouter : « Par rapport aux défis qui sont ceux de l’industrie automobile aujourd’hui, être plus fort, plus costaud, plus gros, ce n’est pas une mauvaise chose ».

La CGT de PSA, par la voix de son délégué syndical central, estime que « l’intérêt des groupes en question est forcément d’augmenter leur rentabilité et les profits, ce qui ne peut se faire que sur le dos des salariés en France, en Italie et aux États-Unis. » De son côté la FIOM, le syndicat italien majoritaire chez Fiat, s’adaptant aujourd’hui aux politiques patronales, réaffirme ses priorités : « Relancer le développement et la production en Italie et protéger l’emploi »

Une solidarité internationale à construire

Face à ce projet de fusion, la défense, chacun de son côté, d’une industrie nationale ne peut que faire le jeu de la concurrence entre travailleurEs telle que la souhaite un patronat qui sait se mondialiser. Le repli nationaliste, c’est en fait aller contre nos intérêts et contre l’emploi.

Avec une fusion possible entre PSA et Fiat, des centaines de milliers d’ouvrierEs français, italiens, allemands, espagnols, anglais, marocains, slovaques, polonais, nord-américains, argentins ou brésiliens auraient le même patron. Mais l’expérience nous enseigne qu’il n’y a pas de liaison automatique entre ces implantations mondialisées et l’affirmation sur le terrain d’une solidarité entre les travailleurEs. Cette solidarité il faut la construire concrètement. Lorsque la fusion entre Renault et Fiat se préparait il y a quelques mois, des militants du NPA ont échangé avec les camarades de Sinistra Anticapitalista. Des interviews croisées de militants syndicaux des deux firmes ont affirmé alors de vraies convergences de lutte. La fusion discutée aujourd’hui entre PSA et Fiat Chrysler appelle de nouvelles initiatives de ce type. Pour préparer des ripostes communes !

Publié sur le blog auto du NPA (npa-auto-critique.org)

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