« Fin de la trêve hivernale, Macron à la rue ! »

Tous les ans à la même date, à l’occasion de la fin de la trêve hivernale, la litanie des chiffres du mal-logement et du retour des expulsions locatives vient remettre les idées en places : 15 000 expulsions effectives, 125 000 jugements d'expulsions, 250 000 coupures d'électricité... la machine à broyer les vies se remet en route dès le 1er avril même si elle ne s'était pas arrêtée, pendant l’hiver, pour les squatteurs. 

Sur le site du gouvernement, pour passer cette échéance délicate, on a droit à de la langue de bois sans vergogne, du genre « L'hébergement des plus fragiles est un enjeu majeur de solidarité. »Ce qui va se traduire, au bout du compte, par à peine 6000 places d'hébergement supplémentaires ouvertes après le 1er avril, alors que des centaines de milliers vont fermer. Et alors que l’on estime à 250 000 le nombre de personnes (hommes, femmes et enfants) qui sont à la rue et qui auraient besoin d'un toit !

Le cynisme est à son comble quand le site gouvernemental devient association de défense des locataires et prodigue ses conseils : « Pour prévenir les expulsions, réagissez dès le premier impayé ! » On se souvient que Macron, en 2017, avait déclaré : « Je ne veux plus d'ici la fin de l'année avoir des femmes, des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus… »Doit-on comprendre que celles et ceux qui sont à la rue n'ont pas réagi à temps et que tout ça est de leur faute ? 

L'État a l'obligation de proposer un hébergement à toute personne sans logis. Mais ce droit est bafoué. En effet, comme le rappelle un appel signé au début du mois de mars par de nombreuses personnalités, les demandes d’hébergement d’urgence ne sont pas satisfaites à 53% dans les bouches du Rhône, à 75% à Paris et 83% en Seine-Saint-Denis ! Or, comme le souligne également l’appel, « la France, pourtant, compte 3 millions de logements vacants, un million de plus qu’il y a 10 ans ; 1,5 millions sont des logements vacants collectifs, 296 000 situés à Paris ».

Samedi dernier, à Paris, à l'appel des associations de locataires et des Gilets jaunes, les manifestantEs ont défilé contre le mal logement, contre les expulsions locatives, contre la hausse des loyers, pour la réquisition des logements vides. Ils elles ont très bien compris qu'il n'y avait à attendre de ce gouvernement que des mauvais coups et, comme le disait une pancarte brandie dans la manifestation : « Fin de la trêve hivernale, Macron à la rue ! » 

JMB

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