CPN : construire le mouvement, préparer les élections européennes

Le CPN a fait l’objet de débats nourris par la mobilisation actuelle, pour la construction d’un mouvement de masse pour les salaires et contre Macron, et anticipant les prochaines élections européennes.

Depuis le dernier CPN (17 novembre), au tout début de la mobilisation des Gilets jaunes, la situation sociale et politique a nettement évolué avec le développement et l’ancrage du mouvement. La discussion a porté sur les difficultés de ce dernier, la place de l’extrême droite en son sein, mais aussi son potentiel de déstabilisation du pouvoir dans le contexte de la crise structurelle du capitalisme. La résolution adoptée (59,7 % des voix exprimées) indique que « nous ne devons avoir aucune réticence sur l’investissement dans le mouvement. Il faut participer aux luttes telles qu’elles sont, avec leurs faiblesses et leurs préjugés, faire les expériences avec celles et ceux qui luttent, sans peindre la mobilisation en rouge mais en gardant en tête que c’est dans l’action que la conscience évolue. »

Une orientation pour construire le mouvement

Nous avons discuté des axes que nous défendons : « Nous sommes un parti militant, nous organisons en ce sens une intervention dans la lutte de classe en menant une orientation que nous défendons tout en construisant ce mouvement de manière sincère. […] Les tâches de front unique se posent pour contribuer à unifier entre les Gilets jaunes et le mouvement ouvrier organisé. […] Nous interpellons donc les cadres de front unique classiques tout en encourageant des appels larges, en particulier dans les syndicats, pour la participation au mouvement, la grève et la bataille pour les salaires et contre Macron. […] Nous défendons l’auto-organisation, en encourageant les discussions à la base, la construction de plateformes de revendications, de structures de coordination locales ou nationales, comme l’appel de Commercy. »

Construire dans les secteurs…

Nous avons également discuté de la nécessité de construire à partir de préoccupations plus sectorielles. C’est le cas, dans la jeunesse et l’éducation, comme l’a montré le début de mouvement avant les vacances, mais aussi dans les mobilisations pour le climat, et avec le mouvement des femmes. À propos de ce dernier, le contexte international comme les manifestations des femmes Gilets jaunes montrent l’importance de construire « la grève internationale du 8 mars autour de la question des salaires mais aussi une grève de la reproduction sociale (qui permet de poser la question des tâches ménagères, des violences, du sexisme en général) ».

… et y défendre nos idées

La discussion a eu lieu également sur les mots d’ordre à mettre en avant : « Sur le plan revendicatif, la question des salaires est la question clé. »

Nous avançons aussi des mots d’ordre démocratiques, « qui remettent en cause l’ordre bourgeois. À cette étape, […] il s’agit surtout de critiquer, de revendiquer de dégager Macron. »

Concernant la répression, « ce sont les conditions même de l’action politique et de notre militantisme qui sont en train d’être bouleversées, et la fuite en avant autoritaire du pouvoir, qui va de pair avec son incapacité à reprendre la main, est des plus inquiétantes. »

Enfin, « le combat contre les préjugés racistes, nationalistes, sexistes, homophobes fait partie de notre positionnement. » « L’urgence écologique rejoint celle de l’urgence sociale et démocratique. La genèse du mouvement des Gilets jaunes autour de la question du prix de l’essence montre la nécessité de les articuler. »

Au-delà, nous avons discuté de mots d’ordre plus propagandistes, afin de montrer qu’« il y a une autre issue à la crise capitaliste que la fuite en avant dans le libéralisme ou la réaction populiste d’extrême droite ». « Nous avançons la légitimité de celles et ceux d’en bas de gouverner, au contraire de Macron et des politiciens professionnels et des capitalistes, […] des mots d’ordre sur la gratuité des transports, la réquisition des grandes entreprises, à commencer par les boîtes qui licencient, en particulier Ford, une planification écologique, le contrôle des travailleurEs sur l’économie » et la nécessité d’un « gouvernement des travailleurEs » pour appliquer un tel programme.

Antoine Larrache

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Relancer la préparation des élections européennes et la souscription

La mobilisation nous a percutés, et notre souscription et notre capacité à nous présenter aux élections européennes sont sérieusement en danger. Mais, en même temps, « le mouvement des Gilets jaunes, la situation politique actuelle, nous montre, plus que jamais, la nécessité de faire entendre une voix anticapitaliste et internationaliste aux prochaines échéances électorales des Européennes » (motion votée à 93 % des voix exprimées).

Nous allons donc mettre les bouchées doubles pour travailler à récolter l’argent nécessaire et constituer notre liste. Dès maintenant, il s’agit de recontacter toutes celles et tous ceux qui sympathisent avec nos idées pour leur demander un geste financier pour récolter le million nécessaire au financement des professions de foi et des bulletins de vote.

Dons (chèques, espèces, CB) sur https://souscription.npa2009.org

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