Éducation nationale : début d’une lutte prolongée

La réforme des retraites a pour objectif de diminuer considérablement les pensions des fonctionnaires, et en particulier de l’ensemble des personnels de l’éducation nationale. Les simulateurs de retraite mis en place par les syndicats présagent d’une baisse des pensions de 30 % à 40 % avec le nouveau système.

Au-delà de ce recul historique, c’est l’ensemble du système de retraites à points que les enseignantEs doivent contester. Les fonctionnaires le connaissent bien : c’est celui de leur salaire. Et force est de constater que la valeur du point d’indice (pour les salaires) est déconnectée de l’inflation (depuis 1983), soit une perte de 30 % de pouvoir d’achat en 30 ans… Même Blanquer est obligé de constater que les enseignantEs sont perdants et il promet, le 22 novembre, qu’il y aurait « des améliorations de rémunération ». Au 1er janvier 2020, les salaires des enseignantEs vont augmenter (enfin… de 0 à 30 euros net pour les professeurEs des écoles). Cette revalorisation avait été promise au 1er janvier 2019 puis différée par Macron. En clair, le gouvernement a volé un an d’augmentation de salaire. 

De plus, en plafonnant le montant total des retraites (à 14 % du PIB) et en liant la valeur du point de pension au nombre de retraitéEs, le montant de nos retraites baissera d’autant que le nombre de retraitéEs augmentera…

Autant dire que les fonctionnaires ne peuvent pas être dupes des promesses gouvernementales concernant les retraites à points.

L’école est au bord du burn out

Les différentes réformes Blanquer détruisent l’école dans son ensemble : évaluations mortifères, manque de moyens en collège, réforme du lycée et du bac (dont les premières épreuves ont lieu dans six semaines), réforme du statut d’enseignantE-chercheurE. À tous les niveaux, les classes débordent de jeunes. Près de 13 000 élèves handicapés n’ont personne pour les accompagner en classe. 

Les personnelEs constatent le manque de temps, d’envie ou de force pour repérer et réparer les difficultés quotidiennes. Cela a des conséquences dramatiques sur leur santé et leur vie ainsi que sur la santé et la vie des jeunes.

En grève à partir du 5 décembre

Les remontées des établissements sont exceptionnelles pour le 5 décembre. Plus d’un tiers des écoles fermées ; les taux de grévistes dans les collèges et lycées sont très hauts et le mouvement s’engage dans les universités. Les raisons de la grève peuvent se résumer à trois points connectés :

– Refus de la réforme des retraites et notamment d’une retraite à points.

– Arrêt immédiat de toutes les réformes Blanquer.

– Augmentation des salaires et des pensions.

La principale question aujourd’hui est de savoir ce que l’on fait après le 5 décembre. Par endroit, la reconduction de la grève dès le vendredi 6 décembre se pose réellement. Il est évident qu’elle sera plus petite. Le 6, ainsi que le lundi 9 décembre doivent servir à populariser la grève. Cela passe par des banderoles sur les établissements, des tracts, etc. mais aussi par la grève marchante, pour aller convaincre chaque collègue de rejoindre la grève. Les personnelEs de l’éducation nationale ont une partie à jouer et cela ne se fait pas seuls : il faudra se mettre en lien avec les autres professions, pour montrer notre détermination collective. Il faudra des temps forts fédérateurs et des manifestation massives dès le mardi 10 décembre.

Les rythmes de mobilisation doivent être pris en charge par les grévistes eux-mêmes, en lien avec les syndicats. Il est central que des assemblées générales locale se réunissent et décident des suites. Sans que cela soit contradictoire avec des AG interprofessionnelles, ces AG doivent pouvoir se coordonner aux niveaux supérieurs et si le mouvement prend une ampleur inédite, il faudra réfléchir à une coordination nationale.

Dans l’éducation nationale, le 5 décembre n’est pas qu’un moment où on arrête le travail. Cette date est l’événement déclencheur pour avoir du temps pour réfléchir et agir toutes et tous ensemble. Le 5 décembre est le début d’une lutte d’ampleur, pour gagner.

Raphaël Greggan

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