Le harcèlement policier et judiciaire contre Assa Traoré se poursuit

Après une première convocation et une mise en examen, début octobre, suite à une plainte pour diffamation déposée par les quatre gendarmes responsables de la mort de son frère Adama, à Beaumont-sur-Oise le 19 juillet 2016, Assa Traoré est la cible d’une nouvelle plainte et donc d’une nouvelle procédure judiciaire. En cause ? L’organisation par le Comité Adama, le 28 avril 2018, d’un événement culturel et sportif à Beaumont-sur-Oise, dans le quartier où vit la famille Traoré. 

« Événement sportif non déclaré »

Comme le résume Geoffroy de Lagasnerie, co-auteur, avec Assa, du livre le Combat Adama : « La police invoque le fait que, pour un pique-nique organisé il y a 2 ans à Beaumont-sur-Oise, il y avait un jeu de boxe pour les enfants. Il s’agirait alors d’"un événement sportif non déclaré" et Assa serait responsable alors de plusieurs délits. »1

Un « événement sportif non déclaré ». On se frotte les yeux pour y croire, surtout lorsque l’on se souvient, comme l’a rappelé le Comité Adama dans un communiqué publié lundi, que « lors de cet événement familial, ce sont des gendarmes, accompagnés des militaires de l’opération Sentinelle en armes de guerre, qui sont venus patrouiller pour encadrer l’événement ». Des militaires armés pour surveiller des enfants de 5 ans ? Bienvenue en France ! 

L’acharnement judiciaire se poursuit donc contre la famille Traoré. Souvenons-nous que cinq frères d’Adama ont été, au cours des trois dernières années, condamnés, quatre d’entre eux incarcérés, et deux, Yacouba et Bagui, toujours en prison aujourd’hui. 

Énième tentative d’intimidation

Ce que l’État et les institutions ne pardonnent pas à la famille Traoré, c’est de n’avoir jamais renoncé à lutter pour exiger justice et vérité pour Adama. Figure de ce combat contre les violences et l’impunité policières, Assa subit aujourd’hui une énième tentative d’intimidation. 

Nous savons qu’en dépit de ce nouvel épisode, Assa et le collectif Adama ne se laisseront pas intimider et poursuivront leur combat exemplaire. Un combat pour la justice, pour la vérité, pour la mémoire d’Adama et de toutes les victimes de violences policières, face à un État et un pouvoir qui a fait le choix d’une gouvernance autoritaire et d’une politique de répression systématique, comme l’a encore montré hier le sort réservé aux pompiers qui manifestaient à Paris. 

Nous ne pouvons que partager le point de vue de Geoffroy de Lagasnerie : « Il y a aujourd’hui dans la police, dans la gendarmerie, et au parquet des individus qui ont décidé de tout mettre en œuvre pour nuire à Assa Traoré, pour lui nuire financièrement ou pour lui nuire personnellement en utilisant les prétextes les plus ridicules. C’est donc une guerre personnelle qui est déclarée envers Assa Traoré, et contre laquelle il faut réagir avec la plus grande intensité. »

Dans cette guerre, nous avons bien évidemment choisi notre camp, et nous apportons toute notre solidarité à Assa et au Comité Adama. Et comme l’argent est le nerf de la guerre et que les procédures judiciaires coûtent cher, nous encourageons chacunE à soutenir financièrement leur combat : https://www.okpal.com/adama-traore/ 

Julien Salingue

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