Santé : De l’AP-HP à la Convergence, non à l’Hôstérité !

Le rebond de la mobilisation de l’AP-HP est probable à la rentrée. Son issue ne sera pas sans conséquences pour tous les hospitalierEs du pays, raison de plus pour élargir le front contre l’austérité dans la santé.

Le jeudi 25 juin, des manifestations diverses ont regroupé de nombreux hospitalierEs dans plus de 80 villes. À Paris, ouvrant la marche des salariéEs de la santé et du social vers le ministère de la Santé, les cortèges unitaires des hospitalierEs de l’AP-HP, regroupéEs par établissement, n’ont pas perdu de leur force pour exprimer haut et fort leur refus du plan de Hirsch.

Celui-ci a dû reculer pour ne pas céder et a reçu l’appui de la CFDT qui a validé « un relevé de conclusions » définissant un cadre préalable à l’ouverture de négociations en octobre. Si le directeur général reconnaît enfin « l’ampleur du mouvement social et la nécessité de sortir au plus vite de ce conflit avec la représentation syndicale », il n’a pas renoncé à son projet : seule la forme change. Il propose « de dresser un premier état des lieux et de préparer une étude d’impact des changements organisationnels envisagés » par une enquête commune syndicats et direction générale, faisant fi des bilans sociaux alarmants et des nombreuses alertes émises par les CHSCT. Dans ce même texte, Hirsch indique aussi qu’il « recherchera, dans la mesure du possible, la conclusion d’un accord majoritaire » et ne fait que rappeler qu’il passera quand même, comme la loi HPST dite Bachelot l’y autorise. Il maintient les retenues sur salaire, alors qu’un million de jours de repos non pris s’accumulent sur les comptes épargne-temps et que se chiffre à 74 millions d’euros ce que l’AP-HP doit à ses agents. Pour toutes ces raisons, le cadre préalable aux négociations est inacceptable !

Hirsch, qui pour le moment a sauvé sa tête, s’appuie sur l’absence d’une opposition ferme et constructive de l’intersyndicale dont les parties oscillent entre adhésion, comme la CFDT, et ceux qui tergiversent ou exigent le maintien du statu quo. À ce niveau de mobilisation, le statu quo n’est pas de mise, il s’agit de passer de la résistance à l’offensive pour gagner contre l’austérité.

Rien n’est joué !

Gagner une réelle réduction du temps de travail, de meilleures conditions de travail, être en nombre pour assurer la qualité de l’accueil et des soins, restent les objectifs de cette lutte. Pas d’économies à l’hôpital mais des moyens pour être à la hauteur des besoins de toute la population.

Seule l’intervention directe des salariéEs, syndiquéEs comme non-syndiquéEs, peut le permettre, en agissant avec les intersyndicales locales qui animent les assemblées générales dans les établissements.

Que cet été fleurissent partout des Comités de vigilance et s’ouvrent des Cahiers de doléances. Comités de vigilance pour entraver toute tentative des directions locales de ne pas respecter la pause estivale. Cahiers de doléances car c’est au personnel, et pas aux groupes de travail envisagés par Hirsch, de recenser tout ce qu’il manque à l’hôpital pour remplir ses missions de service public. Et se coordonner pour reprendre, à la rentrée, la voie de la mobilisation.

Enfin, pour être à la hauteur de l’enjeu, c’est-à-dire le renvoi dans ses cordes du gouvernement et de ses plans d’austérité pour la santé, renforcer la Convergence des hôpitaux en lutte est plus que jamais d’actualité.

CorrespondantEs

 

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