Le Rouvray : en grève… pour appliquer le protocole de grève

La colère a éclaté à nouveau au centre hospitalier du Rouvray, établissement public de psychiatrie, à Rouen. 

Après des mois de grève (de mars à juin 2018) et 18 jours de grève de la faim de certains d’entre elles et eux, le personnel du centre hospitalier du Rouvray avait réussi à imposer un protocole de fin de conflit. Il prévoyait la création de 30 postes supplémentaires et la concrétisation de projets, dont un service pour les adolescentEs, ceux-ci étant souvent hospitalisés dans les services d’adultes.

Mépris et arrogance de la direction

Arrivé en janvier 2019, le nouveau directeur, un « spécialiste », parait-il, des « établissements en difficultés », n’a cessé de tergiverser sur l’application du protocole, pour finalement expliquer que les difficultés actuelles (rengaine connue) relèvent avant tout d’un « problème d’organisation » et non d’un « renforcement des effectifs ».

Pourtant, la réalité du terrain, c’est qu’il y a toujours 20 à 30 patientEs hospitalisés dans des bureaux et des couloirs. La réalité c’est que faute de personnel, la maltraitance institutionnelle est toujours là. Les représentantEs du personnel ont beau mettre les chiffres précis sur la table et démontrer que les postes ne sont pas pourvus, dénoncer les agressions voire les viols d’adolescentes dans les services d’adultes, qualifiés d’« évènements indésirables » par la direction, rien n’y fait. L’Agence régionale de santé, signataire de l’accord, se lave les mains de la situation : elle a versé les crédits, le reste n’est pas son affaire.

Face au mépris et à l’arrogance de la direction, la mobilisation est montée d’un cran le 15 octobre avec une action coup de poing : l’occupation de la mairie de Rouen. Avec la participation de représentantEs de l’EHPAD voisine et de quelques Gilets jaunes, les personnels du Rouvray ont envahi le balcon de la mairie où de grandes banderoles ont été déployées. Ils ont fini par obliger le maire (PS) à les recevoir. Tout en reconnaissant qu’un protocole doit être respecté, mais n’étant « pas ministre de la Santé » celui ci s’est engagé… à « passer quelques coups de fils » !

Au Rouvray, les personnels exaspérés, et les syndicats de nouveau unis, comme pendant la grève de 2018, sont décidés à ne pas en rester là, et à faire rapidement à nouveau parler d’eux. Ils poursuivront leur mobilisation qui rejoint celle de l’ensemble de la santé (psychiatrie, urgences, EHPAD...) jusqu’à obtenir satisfaction.

Correspondant 

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