Radio France : pour le service public, contre l’austérité

Après quatre semaines la grève est suspendue jusqu’à la rentrée, après les fêtes de fin d’année. Lors des premières négociations qui se sont déroulées la semaine dernière la direction n’est cependant revenue sur aucune des attaques programmées.

En effet, la direction maintient son objectif de 60 millions d’euros d’économies et de 299 suppressions de postes (avec la promesse de 76 créations de postes en parallèle) sur 4 600 emplois, tandis que les organisations syndicales continuent de rejeter l’ensemble du plan de réorganisation. La direction comme souvent dans ces situations s’obstine à faire des propositions d’aménagement de son plan. Des propositions qui comprennent les habituelles « évolution des organisations », « garanties en termes d’évolution, de mobilité et parcours professionnels », plan de départs volontaires, pour les salariéEs concernéEs par les réorganisations et les suppressions de postes. Le Chœur de Radio France, avec la suppression d’un tiers des 90 chanteurEs, France Info, les radios locales (dont la fermeture de deux bureaux à Marseille et à Toulouse), France Culture avec celle d’une cinquantaine de postes chez les réalisateurs, les assistants réalisateurs et les techniciens… sont particulièrement visés.

« Radio publique en danger »

L’attitude provocatrice de Sibyle Veil et le silence assourdissant du ministre de tutelle Franck Riester ont largement contribué à l’élargissement du front syndical et de la mobilisation. Le principal argument étant que « si nous ne faisons rien, Radio France aura un déficit de 40 millions d’ici 2022 ». Là comme ailleurs c’est la logique comptable qui fait office d’argument de raison avec, comme ailleurs aussi, la volonté de liquider tout ou partie d’un service public. En fait ce plan ne pourrait être qu’une première étape dans une vaste réorganisation de l’audiovisuel qui entrerait dans la logique de création, en 2020, de France Médias, une holding chapeautant Radio France, France Télévisions et France Médias Monde. 

Le résultat le plus immédiat a été que, le jeudi 19 décembre, tous les syndicats ont appelé à la grève, s’élevant contre l’absence d’écoute et de dialogue depuis un mois, et de nombreux salariéEs ont participé aux manifestations interprofessionnelles sur les retraites. Une pétition en soutien à « la radio publique en danger »1 a recueilli plus de 60 000 signatures.

Robert Pelletier

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