Après le 17 novembre, contre le président des riches, fédérer nos colères

Le 17 novembre, près de 300 000 « gilets jaunes » ont participé à plus de 2000 rassemblements et/ou actions de blocages. Il s’agit d’un fait politique et social majeur, avec une mobilisation massive et inédite contre le gouvernement Macron. Le 17 novembre, c’est une politique de classe, menée par un gouvernement au service des riches, qui a été dénoncée. Une colère légitime à laquelle il s’agit de donner un prolongement par une mise en action du mouvement social, du mouvement ouvrier.

L’augmentation des taxes sur les carburants a été l’élément déclencheur, mais de nombreuses autres revendications ont été portées dans les divers rassemblements : la vie chère, les injustices fiscales, l’abandon de certaines catégories de la population, notamment dans les campagnes et les petites villes… Une réponse au mépris affiché par Macron, et à leur politique au service des riches, entre autres au niveau fiscal : augmentation des taxes, payée par les plus pauvres... mais exonérations d’impôts pour les plus riches et les capitalistes.

Hypocrisie du gouvernement
Le prétexte de la lutte contre le réchauffement climatique, avancé pour justifier les augmentations des taxes sur les carburants, est une sinistre farce : ce gouvernement, comme les précédents, pousse les classes populaires en dehors des centres-villes par des loyers exorbitants pour des petits salaires, liquide les logements sociaux, oblige à faire des dizaines de kilomètres pour trouver des hôpitaux et des écoles, un tiers des voies ferrées a été supprimé.
Les plus pauvres sont les premières victimes des catastrophes écologiques, et la sortie du capitalisme productiviste pourrait créer des millions d’emplois et offrir de substantielles améliorations des conditions de vie pour les classes populaires.

Aucune concession à l’extrême droite
Si la colère est légitime, il ne s’agit pas pour autant de nier les problèmes posés par la mobilisation. Ainsi, si la droite et l’extrême droite ont échoué dans leur tentative de se poser en porte-parole de la mobilisation, il serait néfaste de nier l’expression, sur divers points de barrages, de positions racistes, islamophobes, sexistes ou homophobes, et de ne pas les condamner.
Les luttes contre les oppressions et les discriminations ne sont pas secondaires, et les divisions entretenues au sein de notre camp par les courants réactionnaires doivent être sévèrement combattues.

Classe contre classe
Il est urgent que le mouvement ouvrier se mette en action, en mettant en avant des revendications de classe afin que la colère manifestée le 17 novembre ne reste pas sans lendemain et qu’elle se poursuive dans un sens positif, à l’opposé de toutes les récupérations et « solutions » réactionnaires.
Social et écologie ne s’opposent pas, bien au contraire : pour une augmentation générale des salaires, des pensions et des minimas sociaux, ainsi qu’une indexation des revenus sur les prix ; pour la suppression des taxes et autres impôts indirects injustes, à commencer par la TVA, et pour une réelle taxation des grandes fortunes et des profits des grandes entreprise ; pour un développement massif des services publics, des transports en commun, des solutions écologiques alternatives au tout-voiture et au tout-camion.
Ces revendications ne pourront être imposées que par un mouvement de grève et de blocage de l’économie du pays. Sur le plan local comme national, le mouvement social, le mouvement ouvrier - syndicats, associations et partis politiques - , doivent prendre des initiatives en ce sens, afin que la colère contre la politique de Macron, dont le mépris n’a aujourd’hui d’égal que l’impopularité, puisse se faire entendre de manière durable… et victorieuse.

Montreuil le mardi 20 novembre

Version PDF

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.