Racisme et violences policières

Les quartiers populaires sont un terrain d’expérimentation quotidienne de la violence d’État. C’est une violence ciblée, dans des quartiers situés loin des centres urbains ou menacés de disparition au cœur des villes, comme à Marseille. Lieux de toutes les discriminations sociales, la police y joue un rôle tout particulier avec la mise en œuvre du contrôle d’identité ciblé. Ainsi, un jeune Maghrébin ou Africain, entre 16 et 25 ans, a 20 fois plus de risques de se faire contrôler qu’un autre jeune. Un contrôle au faciès ne se limite pas au simple contrôle d’identité mais s’accompagne toujours d’humiliations : fouille des sacs, des poches, palpations, injures et tutoiement. Et procède toujours d’une démarche à caractère raciste.
L’IGPN a communiqué les chiffres suivants : entre juin 2017 et juin 2018, elle reconnaît officiellement 14 tués (plus d’un par mois) et 100 blessés, lors d’interventions policières, par arrêts cardiaques, chutes ou victimes de tirs. Et reconnaît que les policiers avaient tiré deux fois plus souvent que l’année précédente. Enfin, que la très grande majorité des victimes étaient des garçons entre 16 et 30 ans nés de parents issus de l’immigration et vivant dans les quartiers populaires. Il y a longtemps que les flashballs et les tirs à balles réelles sont en activité dans ces quartiers, longtemps qu’ils blessent et tuent. Avec une impunité renforcée pour les policiers puisqu’ils bénéficient aujourd’hui légalement des mêmes facilités de tir que les militaires et de la présomption de légitime défense systématique !


Les migrantEs, particulièrement menacés de violences
Pour ce gouvernement, le ou la migrant, c’est le bouc émissaire idéal, responsable du chômage et de la détresse que sa politique au service des plus riches répand dans toute la société. Un danger, contre lequel il faut fermer des frontières, comme celle entre la France et l’Italie depuis 2015. La cour d’appel d’Aix, qui a condamné deux militants solidaires, a de fait consacré la zone frontalière comme un lieu d’exception juridique dans lequel l’État est intouchable dans ses pratiques (containers à Vintimille, refoulements illégaux, maltraitance des mineurEs, violences policières, décès aux cols frontaliers jamais suivis d’enquête). C’est l’ordre des frontières.
La loi « asile-immigration » de 2018 a encore renforcé le rôle du préfet et de ses policiers dans ce qu’ils nomment « la gestion des flux migratoires ». La chasse aux migrantEs est ouverte. Allongement de la durée de rétention administrative de 45 à 90 jours et raccourcissement des délais pour organiser sa défense, embastillement massif des réfugiéEs, y compris des enfants, et augmentation du nombre d’obligations de quitter le territoire français (OQTF), pour cela les budgets ont été renforcés, et des décisions de bannissement.
En 2018, 43 000 adultes et enfants sont passés dans les centres de rétention administrative (CRA), soit 78 % de plus que l’année précédente. Le rapport de février 2019 de Adeline Hazan, contrôleuse des lieux d’enfermement, est accablant : manque d’unités médicales, policiers sélectionnant les demandes de consultation, aucune prise en compte psychologique des traumatismes subis, les personnes malades sont isolées, enfermées dans des cellules et parfois menottées à leur lit... Dans ce contexte, la grève de la faim d’une centaine de retenus est un acte d’un courage héroïque ! Le NPA exige la fermeture totale et immédiate de tous les CRA.
À Mayotte, l’État colonial n’hésite plus à remettre complètement en cause le droit du sol, dans l’indifférence quasi totale. En effet, pour qu’un enfant devienne français, les parents des nouveau-­nés devront maintenant justifier de la présence sur l’île, au moins pour l’un des deux, depuis au moins trois mois avant la naissance de l’enfant. Le NPA exige le rétablissement du droit du sol, l’égalité de traitement entre touTEs.
Les violences policières, lorsqu’elles ciblent les jeunes raciséEs des quartiers populaires et les migrantEs, laissent une grande partie de notre classe indifférente. Pire, ces violences participent à la diffusion d’un racisme, souvent islamophobe, autour du thème : « Il n’y a pas de fumée sans feu ». Racisme qui va favoriser toutes les autres formes de racismes, dont l’anti­sémitisme, et qui va nourrir la montée des partis et groupes fascisants.

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