Algérie : La répression, une arme pour imposer l’élection de juillet

Les scènes de fraternisation entre manifestants et police sont loin. Depuis l’éviction de Bouteflika, la répression a franchi un cap. Il s’agit d’imposer le replâtrage du régime en tentant d’empêcher la mobilisation de se poursuivre.

Vendredi 12 avril, le tunnel des facultés, un lieu symbolique pour les manifestations tant les chants y résonnent, des centaines, voire des milliers de manifestantEs ont été gazés. Et la répression ne se résume pas aux journées du vendredi. Il y a eu des interpellations toute la semaine, en commençant par notre camarade Samir Larabi mardi 8. Des militants qui se rendaient jeudi 11 pour le rassemblement intersyndical ont été interpelés. Et il y a également eu la répression contre la marche des étudiantEs, contre le rassemblement devant la centrale syndicale samedi 13. Ce jour-là, quatre militantes, arrêtées avec 6 autres militants, ont été fouillées par des hommes, ce qui est interdit, puis complètement déshabillées. Cette scène de torture, cette humiliation, cette intimidation vise à empêcher les femmes de venir aux manifestations, à casser la mobilisation populaire.

D’autres jeunes (étudiantEs, chômeurEs, ouvriers en bâtiment) sont toujours emprisonnés et leurs familles dénoncent des sévices. Enfin, on a vu des véhicules blindés à ondes sonores destinés à éloigner les manifestantEs.

Réprimer et élire un président pour sauver le système

L’État essaie d’empêcher toute manifestation en dehors du vendredi. Et même vendredi dernier, il y a eu une répression, avec le quadrillage de la place de la Grande Poste, qui est la place repère du mouvement. Il y a eu dispersion des foules avec gaz lacrymogènes. Il y a sans doute eu des tirs à balles non-létales, et beaucoup de blesséEs et d’arrestations.

Pour l’instant, la répression policière n’obtient pas les résultats escomptés, puisque le vendredi la foule a jusqu’ici obligé les forces de l’ordre à reculer. En effet, l’ampleur des manifestations est telle que les policiers ne peuvent pas en venir à bout. Mais le pouvoir militaire de Gaïd Salah montre son vrai visage : Gaïd Salah n’est pas du tout à côté du peuple, c’est une partie du système, sans doute la plus influente actuellement.

La mobilisation les a contraints à changer d’avis sur la candidature de Bouteflika. Ils l’ont sacrifié. L’armée s’est mise en avant pour faire croire qu’elle était à côté du peuple et ils ont essayé une voie institutionnelle, en évoquant les articles 7 et 8 de la Constitution qui parlent de la souveraineté populaire, de l’article 102 qui prévoit le remplacement du président de la République par le président du Sénat pour trois mois pour préparer l’élection présidentielle.

Ils ont violé la Constitution à maintes reprises, ce n’est pas maintenant qu’ils vont nous chanter qu’il faut respecter la Constitution ! Il y a une situation révolutionnaire. La volonté populaire est claire, il faut tous les dégager.

Avec les militant·e·s du Parti socialiste des travailleurs

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