Liberté, INégalités, fraternité ?

La logique du profit et de la concurrence

Les chiffres du chômage du mois d’octobre confirment ce que tout le monde savait, l’aggravation de la situation avec une hausse de 27 300 demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A). Au total, 5 457 400 personnes sont inscrites à Pôle emploi...

Le gouvernement n’a rien à dire, son « échec » est patent d’autant que c’est le chômage de longue durée qui s’aggrave le plus. Et le nombre de chômeurs condamnés à tenter de survivre avec le RSA a bondi de 11,5 % sur un an...
Ces quelques chiffres ne donnent pas une vision globale de l’ampleur de la régression sociale qui est la conséquence de la politique du patronat et de l’État. C’est la perversité de la politique de réforme du marché du travail, avancée par la gauche comme par la droite, qui utilise le chômage pour imposer une précarisation et une baisse des salaires à l’ensemble du monde du travail, une dégradation des conditions de travail et de vie. La politique d’austérité participe de cette même offensive. Sous couvert de lutter contre le chômage, patronat et gouvernement déploient leur énergie pour faire baisser le coût du travail, afin de faciliter les embauches et que l’économie retrouve le chemin de la « croissance ». En régime capitaliste, la croissance, c’est la croissance des profits pour que les capitaux puissent rapporter à leurs détenteurs leur part de plus-value, les dividendes, extorquée aux salariés par l’exploitation.

Le grand recul
Et comme l’économie capitaliste est à bout de souffle, les investissements dans la production diminuent bien que les besoins humains insatisfaits sont immenses. La presse vante beaucoup l’Allemagne où le chômage est bien plus bas qu’en France, certes, mais c’est au prix d’un recul global du niveau de vie, d’une aggravation de la pauvreté, de la précarité, conséquence de la pression du patronat et de l’État pour faire baisser le coût du travail. Cette politique prépare, ici, en Allemagne et dans toute l’Europe, une récession et, à plus ou moins court terme, un nouvel épisode de la crise financière à l’échelle mondiale.
Ce gigantesque transfert de richesse qu’opère l’État a pour conséquence le recul social, un appauvrissement de toute la société, une paupérisation de la population, au bénéfice d’une concentration croissante des richesses entre les mains d’une petite minorité : Arnault, Bettencourt et autres Mulliez...

Yvan Lemaitre

Les questions du mode de vie

Plusieurs travaux, dont la récente étude de l’Insee, France, portrait social, montrent comment l’appartenance aux différentes classes sociales déterminent le droit à se soigner, au loisirs et aux vacances, ou tout simplement à vivre plus longtemps...

Sans surprise, que l’on soit riche ou pauvre, nous ne sommes pas égaux devant la mort : l’espérance de vie à 35 ans a augmenté en moyenne de 4,4 ans pour les femmes et de 5 ans pour les hommes depuis la fin des années 1980. Mais cette avancée a davantage profité aux catégories sociales favorisées. De plus, chez les hommes, l’espérance de vie à 35 ans des cadres sans problèmes sensoriels et physiques est de 34 ans supplémentaires, contre 24 ans chez les ouvriers, soit un écart de 10 ans. Non seulement les cadres vivent plus longtemps, mais aussi en meilleure santé...

Se soigner, payer...
Les disparités de revenus sont sources d’inégalités sociales de recours aux soins. Les bénéficiaires de minima sociaux constituent une catégorie de la population particulièrement défavorisée. La consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) atteint 186,7 milliards d’euros en 2013, soit 8,8 % du PIB, 2 840 euros par habitant sur un an. La part de la Sécurité sociale dans le financement de la CSBM atteint 76 %, les organismes complémentaires 13,8 %. Le reste à charge des ménages, 16,5 milliards d’euros, soit 8,8 %, demeure élevé pour certaines dépenses : l’optique, les soins dentaires ou certains médicaments de plus en plus déremboursés...

La culture en vacances...
Concernant les pratiques culturelles (lecture, cinéma, musées, théâtre, etc.), les écarts restent très nets : 61 % des cadres supérieurs sont allés au théâtre au moins une fois dans l’année, 20 % des ouvriers ; 81 % des cadres ont lu au moins un livre, 28 % des ouvriers. Au-delà du niveau de diplôme, les revenus sont déterminants : 78 % des personnes ayant un revenu supérieur à 3 000 euros mensuels ont visité au moins une fois dans l’année une exposition ou un musée, contre 44 % de celles qui disposent d’un revenu inférieur à 1 200 euros mensuel.
Un peu plus de 40 % des ouvriers partent en congés chaque année, contre 70 % des cadres supérieurs. Seuls 35 % des foyers aux revenus inférieurs à 1 200 euros mensuels sont partis en 2013, contre 79 % des 3 000 euros par mois... Et 34 % des enfants d’ouvriers ne parte pas en vacances, selon une étude de l’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes.

Manu Bichindaritz

À l’école, pas d’égalité des chances sans égalité des droits !

C’est peut-être une évidence mais il est essentiel de le rappeler : dès l’entrée à l’école, les enfants n’ont pas toutes et tous les mêmes outils pour tirer profit de la même manière de l’enseignement dispensé.

Ainsi, si tous les enfants sont égaux pour l’accès à l’éducation à partir de 6 ans, en revanche, être enfant d’ouvrierE ou bien de cadre supérieur constitue une grosse différence. En effet, en plus du niveau économique, c’est tout un bagage qui marque la différence, le vécu en amont qui constitue ou pas une compréhension du cadre scolaire, notamment les modes de garde de la petite enfance et donc l’entourage professionnel autour de l’enfant.
Les chiffres appuient les propos dès qu’il s’agit de l’entrée au second cycle (collège) : 90 % des enfants d’enseignantEs entrés en sixième en 1995 ont obtenu le bac environ sept années plus tard, contre 40,7 % des enfants d’ouvrierEs non qualifiés, chiffres du ministère de l’Éducation nationale. Les enfants d’enseignants ont donc neuf fois plus de chances d’avoir leur bac que de ne pas l’avoir. Par contre, la probabilité qu’un enfant d’ouvrierE non qualifié soit bachelier est de 40 %... donc celle qu’il ne le soit pas de 60 % !

La réforme de l’Éducation prioritaire, nouveau coup de massue
Le projet des zones d’éducation prioritaire de 1982 visait à octroyer davantage de moyens aux écoles des quartiers populaires avec des projets pédagogiques spécifiques, mais temporaires puisqu’il était spécifié que le dispositif cesserait dès amélioration des conditions sociales du quartier classé en ZEP.
Mais, alors qu’en 30 ans le chômage est passé de 6,6 % à 10 %, comment la ministre Najat Vallaud-Belkacem peut-elle imaginer que nous allons croire un seul instant que des changements notables dans la répartition des ZEP justifierait par exemple une sortie de l’éducation prioritaire d’écoles de Seine-Saint-Denis ou bien à Gennevilliers (92) ? Tailler dans les moyens pour le service public d’éducation reste bien la seule boussole de ce gouvernement.

Denise Sarraute

“Les classes populaires s’épuisent à alimenter la rente locative et immobilière”

Entretien. Jean-Baptiste Eyraud est porte-parole du Droit au logement (DAL). Avec lui, nous revenons sur les questions liées à l’accès au logement.

La crise économique et sociale, c’est aussi la crise du logement ?
Comme l’a rappelé Thomas Piketty, une croissance proche de zéro ne permet pas de satisfaire les exigences de rendement du capital et de l’immobilier. Dans ce contexte, la crise du logement s’aggrave, parce que les profits tirés de la rente locative et de la spéculation sont en hausse depuis 15 ans. Ainsi, l’Insee a recensé 141 500 sans-abris en 2012, dont 30 000 enfants, soit une progression de 50 % en 10 ans. Ce fléau frappe en premier lieu les plus fragiles.
Le Samu social de Paris constate que 80 % des familles et leurs enfants hébergés dans des hôtels en Île-de-France ne se nourrissent pas à leur faim, tandis que la moitié d’entre eux ne peuvent plus suivre leur scolarité, car ils en sont trop éloignés et doivent changer constamment de lieux d’accueil. Partout les « remises à la rue » sont effectuées pour partager les places d’hébergement coûteuses et en nombre insuffisants.
La répression est aussi au rendez­-vous :répression insidieuse contre les classes populaires, stigmatisation, chasse coûteuse à la fraude aux prestations, tandis que les administrations se bunkérisent pour mieux réduire les demandes d’accès au droit. Les politiques d’écrémage et de limitation des droits se généralisent. Répression aussi contre les habitantEs de bidonvilles, contre les militantEs et les organisations qui les défendent ou s’opposent au désordre capitaliste, tandis que les tribunaux prononcent toujours plus de jugements d’expulsions : 120 000 en 2012 !

Quoi de neuf avec le gouvernement Valls ?
Principale cause des dérèglements et de l’aggravation de la crise et du marasme immobilier, le logement n’a jamais été aussi cher dans notre pays, depuis un siècle durant lequel les loyers ont été en général encadrés. Depuis 2000, conséquences de politiques publiques d’encouragement que le DAL n’a cessé de dénoncer, le marché et la spéculation ont repris le dessus, les prix ont flambé, les milieux de l’immobilier se sont rapidement enrichis, et les classes populaires s’épuisent à alimenter la rente locative et immobilière.
Revendication des milieux de l’immobilier, la remise en cause de l’encadrement des loyers par Valls, hors Paris, est un nouveau cadeau aux riches. Il s’accompagne d’aides fiscales leur permettant de payer moins d’impôts s’ils construisent pour loger leurs enfants ou leurs parents… Même la droite n’avait pas osé le faire ! Le budget logement 2015 va accorder pour la première fois plus d’aides fiscales au riches qu’au logement social.
La relance de la construction voulue par Valls est vouée à l’échec car ni les accédants ni les investisseurs ne vont se lancer à acheter un bien dont la valeur est à la baisse. Une mesure peut relancer le bâtiment, financer la réalisation massive de logements sociaux. Le gouvernement y a renoncé, laissant la population dans la crise.
Les locataires dans le logement social sont aussi à la peine, car les loyers et les charges y ont progressé rapidement ces dernières années, la marchandisation du logement social est en cour et pourrait constituer dans les prochaines années un juteux marché pour les millionnaires et leurs servants.

Face à ces attaques, quelles sont les mobilisations ?
Des mouvements de résistance à ce traitement brutal se mettent en place. À Paris, des familles sans logis ont occupé la direction des services sociaux pour exiger que la ville assume ses responsabilités de protection de la famille. À Lyon, des écoles sont occupées par des familles à la rue. Depuis quelques années, les actions et occupations de bâtiments vacants se sont multipliées pour loger des familles sans toit.
Pour cette raison et face à l’inertie ambiante, le DAL a présenté des listes aux élections HLM, et a commencé à organiser les habitantEs de quartiers qui ne se résignent pas à vivre dans l’arrière-cour des politiques publiques du logement et de l’urbanisme, sous la menace des vautours de l’immobilier. Les premiers résultats sont encourageants, et révèlent une volonté des habitants des quartiers populaires de défendre leur quartier et leur cadre de vie.
Il y a aujourd’hui urgence à organiser les habitants, locataires HLM, locataires privés et sans logis : c’est une des facettes de la résistance au processus de captation des richesses et du pouvoir par une nouvelle aristocratie sur le dos des classes populaires.

Propos recueillis par Robert Pelletier

Pour contacter le DAL :
Mail : sec@droitaulogement.org
Web : www.droitaulogement.org
Facebook : DAL - Droit Au Logement 
Twitter : @federationdal

“Il faut retrouver des formes de solidarité concrète qui aident vraiment les gens”

Entretien. Après la publication à la mi-novembre de l’étude annuelle de l’Insee sur les inégalités et le lancement de la nouvelle campagne des Restos du cœur, Malika Zediri, animatrice de l’Association pour l’emploi, l’information et la solidarité des chômeurs et travailleurs précaires (APEIS) a bien voulu répondre à nos questions.

Au-delà des statistiques, quelle est pour l’Apeis la perception de la détresse sociale sur le terrain ?
Les plus grandes difficultés frappent d’abord les chômeurEs. La moyenne des allocations versée par l’Unedic se monte à 800 euros, avec des dépenses qui, sur tous les postes, augmentent constamment : loyers, chauffage, téléphone, nourriture... Les gens n’ont pas les moyens de vivre, ils sont coincés dans cette situation. Sans emploi, pour plus de la moitié, c’est rapidement la perte des droits aux allocations chômage. En 1 an et demi ou 2 ans, on perd tous ses droits au chômage. Il s’agit alors de vivre avec le RSA c’est-à-dire avec moins de 500 euros. Et une question pour chacunE : combien de temps je peux tenir avec ça ? Parmi les précaires, 50 % des adultes, 20 % des enfants n’ont pas mangé pendant au moins un jour au cours du dernier mois, et présentent des pathologies aiguës liées à l’alimentation...
Dans le même temps, le gouvernement diminue tous les moyens humains et matériels des professions chargées de l’accompagnement social et, donc, laisse ces populations dans un abandon total.
En matière de logement, c’est la multiplication des expulsions locatives qui touchent les plus défavoriséEs : immigréEs, familles monoparentales, notamment féminines. Les logements d’urgence sont soumis à une rotation sur deux mois, car trop peu nombreux et très coûteux pour l’État. En France, il y a 30 000 enfants à la rue et les situations de déscolarisation se multiplient. Et la dernière mesure du gouvernement préconise la mise à disposition d’hébergements d’urgence à moins 5 degrés !
Les plus mal lotis sont les plus démunis : les Roms, les immigréEs, les femmes, toutes celles et ceux qui en sont en « fin de course ». Quels que soient les gouvernements, les Roms subissent un traitement indigne, une véritable incitation au racisme, une stigmatisation systématique. Ils et elles font l’unanimité contre eux, jusqu’aux plus démunis, jusqu’aux enfants...
La société est en panne de parler, de faire, avec les plus démunis. Les populations ont peur de la misère, peur de tout : on n’entend plus rien de cette détresse.

Dans ces situations de détresse, quelles sont les résistances ?
Les résistances sont à reconstruire, à construire. Aujourd’hui, les gens sont seuls. On fabrique l’isolement par la suppression des lieux collectifs : Pôle emploi, la CAF, accueil d’urgence, les centres de Sécu, etc. Et donc, ce n’est pas à la mode de mettre en commun, de s’organiser. Il faut retrouver des formes de solidarité concrète qui aident vraiment les gens : à manger, à trouver un logement, un boulot.
Personne ne parle de la détresse sociale, elle est absente des discours politiques. Qui parle du mal-­logement ? De celles et ceux qui ne mange pas à leur faim ? Il y a une rupture du contrat social.
Plus de 15 % de la population renonce à des soins médicaux pour raisons financières. Avec des proportions semblables concernant l’accès aux droits sociaux par méconnaissance et difficultés culturelles. Il existe même un organisme gouvernemental chargé d’étudier ces questions : l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore)...

Une note d’optimisme ?
Pas beaucoup d’optimisme concernant la situation d’aujourd’hui. L’optimisme se trouve dans notre capacité à impulser le retour vers le collectif, à aider à trouver des solutions concrètes. Un espoir fondé sur le fait qu’il existe des militantEs associatifs, syndicalistes, politiques, qui n’ont pas renoncé à combattre les inégalités, l’exploitation, la misère. Et sur le fait que les personnes concernées vont prendre leurs affaires en main.

Propos recueillis par Robert Pelletier

Pour contacter l’Apeis : www.apeis.org

L’autre France et sa richesse insolente

L’homme le plus riche de France s’appelle Bernard Arnault, le patron de LVMH : il y a deux ans, il voulait s’exiler en Belgique pour échapper au « matraquage fiscal » du gouvernement PS. Son patrimoine est estimé à environ 30 milliards d’euros...

À entendre les défenseurs de l’économie de marché, s’il est aussi riche, c’est quand même (comme pour tous les riches) parce qu’il a du talent, qu’il a fait des études et puis surtout qu’il travaille de longues heures et très durement.
De qui se moque-t-on ? Pour amasser la même somme d’argent, il faudrait qu’un salarié au Smic travaille aussi de longues heures et très très durement... c’est-à-dire, pendant 2 millions d’années, sans rien dépenser ! Si ces milliardaires possèdent autant d’argent, c’est tout simplement parce que les millions de salariéEs au Smic ou aux revenus modestes, ne sont pas rémunérés à la hauteur de ce qu’ils produisent et que l’argent est accaparé par cette toute petite minorité.

Association de malfaiteurs
Parmi ceux et celles qui font partie de ces voleurs, on retrouve les détenteurs de grosses fortunes : Bettencourt, Dassault, Pinault ou Bolloré, mais aussi toute une série de PDG, moins connus mais grassement rémunérés pour leurs services. Ainsi, Bernard Charlès, le PDG de Dassault Systèmes, « gagne » 14,9 millions d’euros par an (1 112 années de Smic) ou le patron de Publicis, Maurice Lévy, qui avec ses 4,8 millions d’euros annuel, ne gagne, lui, « que » l’équivalent de 358 années de Smic.
Mais pour arrondir leurs fins de mois, tous les deux, comme tant d’autres, peuvent compter aussi sur le paiement de tous leurs frais (non comptabilisés dans leur salaire), comme les véhicules et logements de fonction, avec en plus la perspective de stock-options et retraite-chapeau lors de leur départ.

Combien de temps encore ?
Aujourd’hui 15 900 personnes (environ 0,03 % de la population) peuvent compter sur un revenu de 500 000 euros par an. Leur nombre a doublé depuis 2004. D’après la revue Challenges, en 2013 les 500 personnes les plus riches se partageaient 330 milliards d’euros, c’est-à-dire 1/10 de la richesse du pays captée par 1/100 000 de la population.
À les entendre, on pourrait penser que ces pauvres gens ont été durement touchés par la crise (vous vous rendez compte des risques qu’ils prennent !) et surtout malmenés par une fiscalité « punitive ». Eh bien non. Un an plus tard, les 500 plus riches se partagent 390 milliards d’euros, soit une augmentation de 15 %.
Dans une centaine d’années, quand (on l’espère !) le capitalisme ne sera plus qu’un sujet d’étude dans les livres d’histoire, on peut imaginer tout le mal que les jeunes étudiantEs auront à comprendre comment ce système a pu exister si longtemps, comment les gens n’ont pas réussi à s’en débarrasser avant. C’est vrai, qu’autant de richesses accumulées puissent exister à côté d’autant de misère, c’est proprement insensé. Ça ne peut plus durer...

Ross Harrold

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