Les étudiants s'organisent !

La coordination nationale des enseignants de fac a appelé à la grève, depuis le 2 février, pour exiger le retrait de la réforme du statut des enseigants-chercheurs.

Avec cette réforme, ce sont les présidents d’université qui décideront directement de la répartition du travail des enseignants entre leurs heures d’enseignement et leurs heures de recherche. Les enseignants dont la recherche ne sera pas jugée assez rentable se verront attribuer beaucoup plus d’heure d’enseignement. Les enseignants actuellement mobilisés craignent de ne plus avoir les moyens matériels d’effectuer leur recherche et ils refusent cette réforme qui fait de l’enseignement une sanction.

Rapidement les étudiants ont rejoint cette mobilisation. En effet, outre cette réforme, c’est l’ensemble de l’enseignement supérieur qui est attaqué depuis quelques années et en particulier depuis l’adoption l’an dernier de la loi LRU. L’objectif des différents gouvernements est bien de soumettre les universités à des logiques de compétitivité et de rentabilité, en les mettant en concurrence entre elles et en les obligeant à recourir à des financements privés.

Ces réformes touchent directement les étudiants en dégradant leur conditions d’études la qualité de l’enseignement et des diplômes. De plus en plus, les diplômes délivrés par l’université n’offrent plus de réelles garanties collectives sur le marché du travail. C’est une armée de travailleurs précaires qu’on est en train de préparer. Cette année encore, le gouvernement a annoncé une réforme de la formation et du recrutement des enseignants. Cette réforme veut ouvrir les concours pour devenir profs à bac + 5 au lieu de bac + 3 actuellement, ce qui signifie que beaucoup moins d’étudiants auront accès à ces concours. Elle veut aussi faire disparaître les IUFM (Instituts de Formation des Maîtres) et supprimer le statut d’enseignant stagiaire, année de formation rémunérée après l’obtention du concours. De même un nouveau décret sur le financement des universités doit entrer en vigueur. Il propose d’attribuer les financements non plus en fonction des besoins mais en fonction des performances de chaque université (réussite aux examens, insertion professionnelle des étudiants, prestige des publications des enseignants…).

C’est clairement une mise en concurrence des facs et la mise en place de facs à deux vitesses.

Pour les étudiants et les enseignants la coupe est pleine. La mobilisation touche presque l’ensemble des universités, les manifestations de mardi dernier ont rassemblé plus de 120 000 personnes. La coordination nationale des enseignants a appelé à une nouvelle journée de manifestation jeudi 19 février.

Une première coordination nationale étudiante s’est réunie ce week-end à Rennes. Elle a appelé les étudiants à amplifier la grève, à cesser l’ensemble des cours.

La détermination est grande, à l’image de la Guadeloupe et de la Martinique, les étudiants et les enseignants veulent rester en grève jusqu’à satisfaction de leurs revendications. Ils exigent : 

- Le retrait de la réforme du statut des enseigants-chercheurs

- Le retrait de la réforme des IUFM et le maintien des concours à bac + 3

- Le retrait du décret sur l’allocation des moyens

- L’arrêt des suppressions de postes et un recrutement massif de personnels.

- L’abrogation de la loi LRU

Contre la casse de l’université publique, contre la casse des diplômes, étudiants, enseignants et personnels, tous ensemble c’est possible de gagner !

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.