Quelle école voulons-nous ?

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier. Certains sont publiés par notre presse, d’autres sont issus de nos débats internes, d’autres encore sont des points de vue extérieurs à notre organisation, qui nous paraissent utiles.

Rapport de Raphaël Greggan à l'université d'été 2014. 

Le gouvernement utilise le vecteur de la pédagogie (rythmes scolaires, compétences, évaluation, socle ou culture commune) pour faire passer leurs réformes. Ce qui nous amène souvent à défendre ce qui existe déjà, comme « moins pire » que ce qu’ils font. Pour expliquer l’école que nous voulons, nous devons d’abord commencer par un constat de ce qu’est l’école.

Ceci entraîne des conséquences concrètes sur la façon dont nous nous pensons en tant que militant anticapitaliste, membre d’une communauté éducative.

Enfin, c’est à cette lumière que nous essayons de définir en positif quelques éléments de l’Ecole que nous voulons.

I. On ne peut pas défendre l’Ecole telle qu’elle existe

S’il y a accord pour dire que l’école est un lieu d’apprentissage ouvert sur le monde, qui fait que la jeunesse, dans son ensemble, est instruite (elle sait lire, écrire, compter). Elle est aussi rendue plus docile ; habituée à obéir à un chef et à respecter la hiérarchie. Si on prend ce qui est encore « l’aboutissement » de l’école obligatoire, le baccalauréat (premier grade de l’enseignement supérieur), il est en même temps un état des lieux des connaissances d’un jeune et un pensum qui ne reproduira jamais dans la vie : passer une semaine entière à plancher sur des disciplines différentes de 2h à 6h d’affilée (sauf, peut-être pour les agrégés de lettre classique !).

 

1. L’Ecole de la 3e République

L’Ecole obligatoire du XIXe siècle est plus qu’un lieu d’apprentissage, elle est aussi (dans le même temps), un lieu de dressage où les enfants et les jeunes sont contrôlés, rendus dociles et forcés d’accepter le fonctionnement de la société telle qu’elle est.  Guizot, ministre de l’instruction publique de 1832 à 1837, le formulait ainsi : « l’ignorance rend le peuple turbulent et féroce ; l’instruction doit assurer l’ordre public et le repos de l’avenir ». Le pari de cette Ecole est « d’instruire en détournant contre lui l’instruction que le peuple revendiquait contre son émancipation ».

Un second objectif de l’école est d’arriver à tracer un chemin entre l’école religieuse et les écoles populaires (dans les bourses du travail, notamment). Jules Ferry défend ainsi l’école publique, gratuite et obligatoire en ces termes en 1879 :

« Dans les écoles confessionnelles, les jeunes reçoivent un enseignement dirigé tout entier contre les institutions modernes. […] Si cet état de choses se perpétue, il est à craindre que d’autres écoles se constituent, ouvertes aux fils d’ouvriers et de paysans, où l’on enseignera des principes diamétralement opposés, inspirés peut-être  d’un idéal socialiste ou communiste emprunté à des temps plus récents, par exemple à cette époque violente et sinistre comprise entre le 18 mars et le 28 mai 1871. »

Enfin, dernier objectif, c’est la revanche « contre les boches. » Le nationalisme y est exalté par des cours d’éducation civique et le respect de l’autorité et de la famille par des cours de morale. Ce n’est pas un hasard, si 32 ans après les lois Ferry sur l’instruction obligatoire laïque et gratuite (28 mars 1882) va éclater la guerre de 14-18.

 

Si, au cours du 20e siècle, l’école a eu d’autres utilités, notamment le besoin économique d’élever le niveau de connaissance de l’ensemble de la population dans les années 60 (la « massification »), ses buts initiaux n’ont pas changé.

 

2. L’Ecole est un lieu de reproduction sociale et des oppressions

Dans une étude de 2011, le ministère de l’éducation nationale montre que parmi les enfants nés entre 1983 et 1987, 85% des jeunes, dont le père est cadre, ont le bac ; alors que 53% des jeunes dont le père est ouvrier ou employé. Et même au sein du baccalauréat, les inégalités sociales sont reproduites dans les filières  77,5% des enfants de Cadres ont un bac général, 15,3% un bec techno et 7,2% un bac pro. Alors que 35,8% des enfants d’ouvriers ont un bac général, 30,8% un bac techno et 33,4% un bac pro.

 

La reproduction sociale s’étend à toutes ses sphères, à commencer par l’oppression des femmes. Une étude récente a montré que les femmes représentaient 1/5e des personnages sexués des manuels scolaires.  Il y a une division « genrée » des enseignements : les filles sont plus interrogées dans les cours littéraires et les garçons dans les cours scientifiques. En conséquence, l’Ecole produit une division sexuée des filières et cela à tous les niveaux. A la rentrée 2011, 44,9 % des élèves de Terminale scientifique étaient des filles, contre 78,9 % en Terminale littéraire. En Terminale professionnelle dans le secteur industriel, les filles sont 11,3 % des inscrits contre  92,3 % des inscrits du secteur des sciences et technologies de la santé et du social. Enfin, si les filles représentent 42,1% des élèves de classes prépas, soit presque la moitié, elles sont en fait 29,7% des élèves des classes scientifiques ; contre 73,7% des élèves des classes littéraires.

 

3. L’école est un lieu d’oppression et d’humiliation de la jeunesse

Les heures de colles ; exclusions ; conseils de discipline et suffisent à démontrer cette évidence. Mais au-delà, le programme PISA 2012 constate que seulement 60% des élèves déclarent se sentir bien à l’école (a peine au-dessus de la moyenne OCDE). En matière de stress scolaire, la France est seconde, juste derrière le Japon. Et un sondage du Parisien de septembre 2010 affirme que 35,9% des écoliers et collégiens ont mal au ventre avant d’aller en cours ;  39% ont de « temps en temps » ou « très souvent » du mal à s’endormir le soir parce qu’ils pensent à l’école et 30% « n’aiment pas trop », voire « pas du tout » se rendre dans leur établissement (chiffres cités par G. Chambat).

 

Sous couvert d’égalité, l’Ecole exige de ses élèves des connaissances, une culture, qu’elle ne lui apporte pas. Ce « manque » (cette violence symbolique) est un moyen « objectif » de sélection et d’orientation des jeunes. Cependant, comme le constate Bourdieu dans les Héritiers, la culture scolaire n’est pas celle des classes dominantes (même si elle s’en attribue le monopole), mais elle la dépasse. C’est en cela que l’école a sa propre logique interne de reproduction ; qui croise régulièrement celle de la reproduction des élites sociales – tout en lui étant distincte. Ce qui explique (en partie) la notion d’ascenseur social : les quelques jeunes qui sont capable de se fondre dans le moule, pourront s’extraire de leur classe sociale. A l’inverse, cela justifie que l’immense majorité des jeunes ne peuvent pas d’extraire de leur classe sociale, grâce à l’école.

 

Conclusion : pas d'école émancipatrice, sans révolution socialiste !

Rancière est assez explicite sur les buts de l’Ecole : « [L’instruction du peuple] est proprement une explication de la société, elle est l’allégorie en acte de la manière dont l’inégalité se reproduit en faisant voir l’égalité. »

A l’image des oppressions spécifiques (notamment l’oppression des femmes), cela ne veut pas dire qu’on attend le Grand Soir pour être féministe ou pédagogue. Freinet le formulait ainsi en 1960 : « on prépare la démocratie de demain par la démocratie à l’école. Un régime autoritaire ne saurait être formateur de citoyens et de démocrates. »

 

II. Conséquences pour les anticapitalistes

Pour les enseignants anticapitalistes, cette analyse de l’Ecole a une série de conséquences. Je considère que nous nous tenons sur un trépied militant : syndical, politique et pédagogique.

 

1. Nous sommes des militants syndicaux

Nous nous battons au quotidien pour l’amélioration de nos conditions de travail et l’amélioration des conditions d’études des jeunes. Nous sommes contre les classes surchargées ;  pour des locaux décents, rénovés ; pour une augmentation de nos salaires et une diminution de notre temps de travail, de manière à pouvoir nous concentrer pleinement à notre travail.

Nous sommes de toutes les luttes contre les inégalités, de l’expulsion d’un Sans-papier ; aux combats féministes ou LGBTI.

Bien sûr nous sommes ceux et celles qui construisent les luttes contre les réformes actuelles et dans ces luttent défendons l’extension, la généralisation de la grève ; dès que c’est possible.

 

2. Nous sommes des militants politiques

Nous sommes pour en finir avec cette société. Dans ce combat, l’Etat n’est pas « au-dessus de la mêlée », mais au contraire, il est au service de la classe dominante et sert ses intérêts propres. C’est flagrant lorsqu’on regarde l’Ecole de la 3e République. Mais l’Ecole actuelle est encore dans le même moule, c’est ce qui explique les cours de morale Républicaine ou l’épreuve « d’agir en bon fonctionnaire » dans les concours pour devenir enseignant. L’Ecole, comme les autres institutions, est au service de la classe dominante. C’est pourquoi nous sommes pour sa destruction.

 

Nous ne sommes pas pour la destruction de toute forme d’enseignement. Nous pensons que les actions collectives (manifestations, grèves, AG…) permettent de progresser et d’apprendre tous ensemble. C’est dans les formes spécifiques de chaque lutte, décidées collectivement, que le niveau de conscience va augmenter ; que l’auto-organisation va se mettre en place ; bref dans les luttes émerge l’embryon de la société que nous voulons. Cependant, nous apportons (de l’extérieur de la lutte ; parce que nous sommes organisés) nos expériences passés ; nos conseils, savoir-faire, etc. Dans le même temps, nous apprenons des formes de lutte concrètes. C’est exactement cette même dynamique que nous essayons de mettre en place dans nos classes.

 

3. Nous sommes des militants pédagogiques

Nous portons un projet de société émancipateur, débarrassé des oppressions pour toutes et tous, y compris l’oppression de la jeunesse. Sans croire « au socialisme dans une seule classe, » nous essayons de développer des outils et des méthodes. Nous organisons une éducation populaire, qui explicite le monde et l'organisation des oppressions, dans l'ensemble des domaines disciplinaires. Parce que nous sommes matérialistes, nous ne pensons pas que ce sont les rêves qui créent l’action, mais au contraire que l’action crée les rêves. Même si bien sûr il y a un lien entre l’un et l’autre.

À l’image de ce que disait Freinet : « on prépare la démocratie de demain par la démocratie à l’Ecole. Un régime autoritaire à l’école ne saurait être formateur de citoyens et de démocrates. »

 

Est-ce que cela fait de nous des « pédagogues rouges » ? Les révolutionnaires Espagnols de 1936 y répondent le mieux, au sein du Conseil de l’Ecole Nouvelle Unifié :

« De la même manière que nous considérons comme nuisible que la vieille école enseigne à l’enfant à crier : ‘Vive le roi !’, ‘vive la République !’, nous pensons qu’il est également néfaste de lui apprendre à crier : ‘Vive Marx ou Bakounine !’, ‘vive la Révolution !’ »

« [L’Ecole Nouvelle] fait exception à la règle qui veut que chaque secte, chaque parti dans le cours de l’histoire n’a rien fait que modeler l’esprit de l’enfant selon ses normes et ses dogmes »

« Quand [l’enfant] sera grand, il aura nos idées, si celles-ci sont les meilleures ou bien il ira plus loin, si elles sont fausses ou mesquines ».

C’est cette vision de l’éducation que nous essayons de transmettre à tous les jeunes. Nous ne saurions enseigner un cathéchisme. Au contraire, nous souhaitons transmettre des savoirs validés ainsi que les processus de validation et de construction des connaissances. Mais ni les contenus, ni la manière d'agir ne sont neutres. Ainsi, nous ne nous comportons pas en dictateurs dans nos classes. Au contraire, nous mettons sur pied avec nos élèves des organisations les plus démocratiques possible (autogestion, Conseils d'élèves, ..) et nous appuyons les démarches d'auto organisation des élèves.

 

Conclusion : comme tous les trépieds, si on se penche trop, on tombe !

Le recul de la conscience de classe nous a amené, collectivement à nous replier sur ce que nous maîtrisions le mieux : soit croire qu’on peut changer totalement l’Ecole sans (trop) changer la société ; soit croire que la pédagogie suivra après le Grand Soir ; soit créer des (petits) espaces pédagogiques autonomes, indépendamment du niveau de conscience. Sans parler des querelles de chapelles entre organisations syndicales, politiques et pédagogiques…

Il s’agit pour nous d’en finir avec ces repris. Notre force est d’arriver à nous maintenir en équilibre. Cela ne peut se concevoir que dans le cadre d’un projet social émancipateur et d’une démarche collective, où nous essayons de convaincre et d’entraîner le plus grand monde.

 

III. Idées directrices d'une école émancipatrice

J’ébauche ici quelques pistes, tant pour les luttes immédiates, qu’au-delà, pour l’école que nous voulons.

 

1. Inverser la logique de la société

Nous pensons l’Ecole comme un tout, qui ne se limite pas aux heures d’enseignements. Nous nous battons pour des conditions d’enseignement et d’étude qui permettent à tous de réussir. Cela passe par une embauche massive de personnels éducatifs (enseignants, personnels médical, social, de nettoyage, de cantine etc.) la titularisation des précaires de manière à diminuer le nombre d’élèves dans les classes et des augmentations de salaires.

La qualité de vie est aussi importante que la qualité des enseignements, c’est pourquoi nous sommes pour un plan de reconstruction des établissements scolaires, pour en finir avec  « l’école-prison. » Nous sommes pour  la nationalisation des écoles privées (sans indemnités, ni rachat).

Il s’agit de renverser la logique des gouvernements et du patronat : plutôt que de se demander « comment faire des économies et augmenter leurs profits ? », nous posons la question : « comment se donner les moyens matériels des progrès sociaux, des progrès scolaires, ceux qui emportent tout le groupe

Bien sûr, le service public d’éducation ne pourra pas, à lui seul, résoudre les problèmes relevant des inégalités sociales. Il sera nécessaire d’assurer la gratuité des soins, de l’éducation et des transports ; de réquisitionner les logements vides et de construire massivement des logements ; d’augmenter les transports collectifs ; d’interdire les licenciements, d’augmenter les salaires et d’assurer une allocation d’autonomie pour tous les jeunes...

 

2. Une autre école pour une autre société

Mais cela n’est pas suffisant. On peut tout à fait imaginer la plus belle des écoles, avec un suivi individualisé des élèves; mais qui reproduit fidèlement les classes sociales. C’est pourquoi, nous sommes pour une scolarisation de 2 à 18 ans, sans division de filières, de manière à assurer l’émancipation de tous les jeunes, par une véritable formation pluridisciplinaire et polytechnique.

L’école doit se centrer sur les apprentissages (savoirs et savoir-faire) et sortir de la logique de gestion managériale « des flux ». Actuellement, la violence de l’orientation imposée aux élèves est le reflet de la violence de notre société basée sur l’exploitation des travailleurs. La sélection de plus en plus précoce, la hiérarchisation des filières sont des expressions déformées d’une hiérarchisation sociale entre les différentes professions.

Cela signifie que nous nous battons pour une éducation sans concurrence, sans note et sans classement. Pour que les élèves puissent vraiment choisir une formation professionnelle qui leur correspond, il faut d’abord qu’ils aient le même accès à une culture commune. Cela nécessite la réorganisation démocratique des enseignements et des programmes, qui ne peut avoir lieu dans cette société.

Notre vision de l’Ecole et de ses buts correspond à notre projet d’une autre société, basée sur l’égalité, la justice et le travail de tous.

Notre visée c'est l'émancipation de la pensée, de la réflexion, de la mise à nu des contradictions sociales. Pour cela, il faut oser aborder tous les sujets, il faut outiller les élèves sur l'origine de la construction des savoirs, et dès la maternelle, jusqu'à l'Université.

 

3. Des pratiques qui correspondent à notre vision du monde

Enfin, nous essayons de baser nos pratiques quotidiennes sur  ce projet de société. L’enseignement s’inscrit sur la totalité de la journée, avec l’ensemble des membres de la communauté éducative (y compris les parents).

Nous sommes convaincus que l’enfant doit découvrir par lui-même. L’enseignant doit aider à dégager les motivations profondes, propose des perspectives et suscite l’initiative et la responsabilité. Il ne s’agit pas d’une école laxiste. Mais une école qui définit collectivement les règles d’expression, de décision, sans a priori sur les places des uns ou des autres.

Nous sommes pour une pédagogie qui « prend son temps », le temps nécessaire pour la réussite de tous. Ce n’est pas une éducation de la facilité (qui nierait la difficulté), au contraire, c’est une éducation qui n’accule pas les élèves à l’échec.

Nous sommes pour une pédagogie qui permet à chacun d'avancer dans un parcours singulier, mêlant ses propres aspirations, des expériences diverses du monde, avec la transmission de connaissances.

Nous sommes partisans d'une école ouverte, qui reçoive des apports de son environnement, qui intervienne sur le monde, qui soit un lieu d'expression artistique, qui emmène les enfants visiter les régions, les musées, les expositions, écouter des concerts, mais aussi qui produise de la musique, des poésies, qui publie des textes, qui permette à tous les enfants d'être acteur, d'être auteur, d'être décideur dans un cadre collectif et démocratique, sans cesse construit et reconstruit avec l'ensemble des personnes (élèves, enseignants, parents, ...) 

La coopération, l'empathie sont au centre de l'action de l'école que nous voulons. Non pas seulement parce qu'ils aident aux apprentissages qui ne peuvent avoir lieu que dans un cadre rassurant, mais parce que ce sont des valeurs qui sont au centre de la société que nous voulons construire. 

 

Enseigner autrement s'apprend : des centaines de militants y ont réfléchi depuis plus d'un siècle. Pour travailler autrement avec les élèves, il est indispensable de se former à le faire. Mais c'est une tâche militante comme une autre, qui permet de s'enrichir professionnellement et humainement. La lecture de livres n'y suffit pas. Il faut rencontrer des pédagogues, réfléchir collectivement pour changer ses pratiques en classes. On ne peut pas se contenter d'une le « prof d'extrème gauche toujours en grève » et qui ne partage rien de ses combats avec ses élèves.

 

Nous nous battons pour la libre expression des jeunes. Cela passe par un courage des pour un cadre démocratique et pédagogique à l'expression, puis soient capable de tenir tête à l'administration pour afficher, réunir, exposer, ce qui manque le plus aujourd'hui, c'est le courage de la rupture.

Nous sommes fermement convaincus de vouloir contribuer à une école émancipatrice pour tous .

 

Conclusion Générale. Et si c’est par la fin que tout commence ?

L’année dernière, j’avais conclu en disant que :

Pour militer aujourd’hui, pour construire des mobilisations, nous avons donc à réfléchir à chaque nouvelle réforme ou mesure gouvernementale en fonction des objectifs de rentabilisation, de structuration de la main-d’œuvre et de reproduction des classes sociales et d’encadrement de la jeunesse que se fixent la classe dominante et l’Etat. Forts de ces analyses, nous pouvons expliquer les attaques autour de nous pour les combattre.

 

Je crois que nous pouvons cette année faire un pas de plus. Notre projet pour l’Ecole est intimement lié à notre projet de société. Au même titre que nous sommes pour la mise à bas de cette société et de l’Etat  nous sommes pour la destruction de l’Ecole. Nous sommes pour une société débarrassée de l’exploitation et des oppressions, de cette société émergera une école nouvelle où les rapports d’éducation et d’enseignement auront radicalement changé. Pas question, pour nous, d’attendre la révolution pour commencer à réfléchir et à mettre en pratique, dès maintenant nos principes, sans illusion.

 

Comme le disait Lénine, dans son « testament politique »,

« Mais nous devons employer chaque moment libre […] pour apprendre, en commençant par le commencement. Tout notre parti et toutes les catégories sociales de Russie prouvent, par leur désir de s’instruire, que la principale tâche du moment consiste pour nous à apprendre toujours, et encore à apprendre. »

Voilà les tâches que nous devons nous assigner dès aujourd’hui.

Bibliographie générale

Sur la pédagogie et l’analyse de l’Ecole

-       P. Bourdieu et J-C. Passeron. Les héritiers, les étudiants et la culture, éd. Minuit, 1964

-       C. Freinet. Pour l’école du peuple, éd. Maspero, 1971

-       Collectif. L’école de Jules Ferry est morte, éd. Maspero, 1974

-       D. Bensaïd. La Révolution & le Pouvoir, éd. Stock, 1976

-       Collectif ICEM-Pédagogie Freinet. Perspectives d’éducation populaire, éd. Maspero 1979

(Le texte des PEP est en accès libre sur internet.)

 

Sur l’histoire des résistances scolaires et des luttes pédagogiques

-       G. Chambat. Pédagogie et révolution, éd. Libertalia, 2011

-       L. Biberfeld & G. Chambat. Apprendre à désobéir. Ed. Libertalia, 2013

 

Revues de réflexions pédagogiques

-       Le nouvel éducateur, la revue de l’ICEM-pédagogie Freinet, http://www.icem-pedagogie-freinet.org/

-       N’autre école, revue de la fédération CNT des travailleurs de l’éducation http://www.cnt-f.org/nautreecole/

 

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